En mémoire des victimes des attentats du 13 novembre 2015

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Témoignages publics

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Abus en famille jeannemarie le 03-10-2017 10:01:00  


Bonjour, je m'appelle Jeanne et j'ai 72 ans, orpheline j'ai été élevée chez ma tante à partir de 11 ans et jusqu'à mes 14. J'ai été maltraitée par elle et aussi été abusée par elle, ma cousine et mon cousin





famille x1 myriam le 08-12-2016 20:49:00  





FAMILLE

Une famille ce sont des personnes liées par le sang, c'est une filiation, comme un clan et cela est difficile d'en sortir. Il est nécessaire de couper le cordon pour se réapproprier notre vie, MA vie! Il demeure un attachement indéniable de près ou de loin. Comme le dit un chanteur: "on choisit pas sa famille". C'est un choix pour moi d'avoir rompu les liens avec la mienne et cela était une question de survie! Fondamentale! Dans ma situation je n'avais pas le choix! Cela demeurait une question de survie car soit je continuais à faire semblant soit je les quittais. Comme j'avais fait semblant lors de la dernière rencontre moi et mon amie sommes sorties en catti mini et je n'avais qu'une seule envie, rentrer à l'appartement et vite! Ce que nous avons fait mais avec beaucoup de difficultés pour ma petite personne! Sur la route du départ j'aurais payé cher pour un verre d'alcool ou un rail de coke mais je ne l'ai pas fait car cela leur aurait donné raison! Et il était hors de question de leur faire ce plaisir.





texte sur l'estime de soi . x1  message d'espoir plumetie le 18-08-2016 15:19:00  


un trés beau texte sur l'estime de soi . pour ceux qui ne le connaisse pas .
un texte à lire et à relire pour en comprendre toute la signification .

après un long travail sur soi .

http://www.mordredanslavie.com/index.php/2015/12/12/le-jour-ou-je-me-suis-aime-pour-vrai/

 :v:  :v:





PLOMB x2 myriam le 16-03-2016 15:30:00  


PLOMB

Sommeil de plomb! Chape de plomb. Silence de plomb. Ma vie est plombée et je suis diminuée. Longtemps je me suis tue et quand j'avais 11 ans tu m'as tuée. Tout cela pour TON plaisir que tu voulais assouvir! Sale égoiste, ton monde est bien triste! J'étais ta petite pute, ta petite salope, ta petite chérie, ta chose. Le pire tu sais, c'est que tu le savais, tout ce que tu me faisais. Tu n'avais qu'à claquer du doigt et j'étais à toi. Tu m'as tout appris et j'ai tout reproduis. Tu voulais que je te fasse du bien et j'étais ton TIEN, ou ton chien. Tu me rends malade et je me sens sale. Tu m'as forcé à t'avaler jusqu'à en vomir. Ton sexe dans ma bouche et j'étouffe! Tu m'as forcé à tout avaler ta précieuse semence si dense. Aujourd'hui je ne peux plus rien avaler et je suis anorexique de toi. Manger n'est pas un plaisir car il me rappelle trop ton plaisir. Cela me gave! Même les yaourts et le lait me font penser à toi. Même texture, même couleur. FELLATION! J'écris ton nom. Je ne peux pas dire ce mot à voix haute! Ce serait le faire vivre encore! Mais tu l'as gravé en moi et il reste au fond de moi. Il est tellement enfoui que je le subis! Il est tellement fort comme pour signer mon arrêt de mort. il est tellement sordide qu'il me vide. FELLATION ! J'écris ton nom. J'avais 11 ans et tu m'as tuée à jamais. Premier VIOL.
texte écrit en 2013





55 ans après.conséquences traumatique après inceste x1  mon corps isilda le 14-03-2016 22:54:00  


Voici mon témoignage d'une femme de plus de 62 ans.
Après avoir connu l'amnésie voici mon état depuis 16 années.

Mon corps reste abîmé.
-Mâchoire bloquée (ça me coûte cher les séances d'hostéo) Et autres problèmes physique...

des troubles psychologiques.
-réminiscences, cauchemars, clivages...encore et encore....Et autres...

après de plus de trente ans de thérapie, de soins médicaux et ben je pense que c'est injuste que je paye financièrement les soins (même en francs symbolique) pour me reconstruire alors que sans doute certains agresseurs ne paye rien.



55 ans après.conséquences traumatique après inceste x2  mon corps isilda le 15-03-2016 18:20:00  


Ce témoignage est pour faire prendre conscience des dégâts que occasionne l'inceste.



55 ans après.conséquences traumatique après inceste x1  mon corps myriam le 16-03-2016 15:40:00  


Comme je te comprends!





j'ai pas faim! x2  boulimie & anorexie myriam le 13-03-2016 14:36:00  


ANOREXIE
Physique, mentale. Me concernant c'est plus compliqué. Je ne veux pas grossir! Sous entendu je ne veux pas GRANDIR. Grandir c'est faire partie des adultes et j'aime pas ce monde! J'ai été trop tôt propulsée dans le monde adulte. Monde fait de violence. Mon "père" m'a fait grandir trop vite. J'ai appris vite aussi à me faire vomir et c'était facile! Deux doigts dans la gorge et le tour est joué! Mon père me forçait à manger et je pleurais. Ma mère disait: "laisse-la, elle mangera quand elle aura faim!". Une seule chose passait: la bouillie. A quinze ans je m'en faisais en cachette quand mes parents étaient partis. C'était le dimanche. Ma mère disait que j'étais difficile, que je n'aimais rien. C'est vrai! Je n'ai jamais eu ce qu'on appelle un poids de forme. Soit je mangeais et j'étais dans la boulimie soit je ne mangeais pas. Quand je ne mange pas, comme actuellement, je suis en phase de restriction. Je me laisse crever de faim! Je ne me suis jamais sentie bien dans mon corps. D'ailleurs ce n'était pas mon corps mais celui de mon père. Il ne m'appartient pas. Il faudrait que je me réattribue mon corps. En l'aimant? Mais c'est difficile quand on ne s'appartient pas. S'apprivoiser un peu et laisser parler mon âme et non mon esprit. Ne plus être à fleur de peau. Je refuse qu'on me touche. Seulement deux personnes sont autorisées à me toucher: ma chérie et une amie. IL m'a touchée, il m'a salie, souillée. Aujoud'hui je suis toujours anorexique. Je fais tout pour ne pas grossir car j'ai peur de perdre le contrôle de moi même. J'ai trop peur de lâcher prise et de devenir grosse à nouveau, comme il y a presque deux ans où je pesais 75 kilos. Tout le monde me trouvait grosse! Je suis aussi anorexique de ma mère. Elle n'était pas là quand j'avais besoin d'elle. Elle n'a jamais eu de mots gentils avec moi, pas de mots de mère. Je l'avais appelée et elle ne m'a parlé que de son café et de ses confitures. Elle ne m'a même pas demandée comment j'allais. Elle m'a dit : "salut!" en raccrochant le téléphone, comme on parle à une copine. J'étais déçue! C'est toujours moi qui l'appelle. Je la laisse à son café et ses confitures. Elle ne me pose pas de questions sur ma santé. J'attendais d'elle juste un petit mot gentil du style: "on pense à toi..." Elle parle sans parler, c'est futile. Ma mère m'a pondue, point.



j'ai pas faim! x1  boulimie & anorexie myriam le 14-06-2016 20:59:00  


Bonsoir à tous, j'ai encore perdu du poids et je suis tombée a 48,5 kilos. La neurologue m'avait pesée il y a un mois et j'avais appuyé de toutes mes forces sur la balance pour afficher 52 kilos.
Alors que je n'en faisais que 50.
J'ai rdv chez le médecin le 24 et elle va vouloir me peser !
J'ai mangé un activia et 2 petits suisses à 13 heures 30 et ce matin une compote, un jus d'orange, de l'ananas et un petit croissant (60 grammes )
Et pour couper la faim je bois 2 grands verres d'eau citronnée avant de prendre mon petit déjeuner.
Ce soir j'ai mangé un petit croissant et un chesse cake.



j'ai pas faim!  boulimie & anorexie myriam le 16-03-2016 15:20:00  


Bonjour, je mesure 1m73 et pèse à peine 50 kilos.
Je m'endors tard, vers une heure du matin et à 19h15 je mange une soupe, des lentilles et un activia.
Au petit déjeuner vers 10h30 le matin un jus d'orange, une compote, un laitage et des pains au lait (2) ou 2 petits croissants. A 12h30 2 tranches de roti de porc avec des sgaguettis à l'eau et une crème. A 5h une petit croissant. Je suis très fatiguée et je dois dormir après manger. Et avec ma sclérose en plaques et le kiné presque tous les jours je n'en peux plus!
je suis effondrée et avec ma psychologue je bloque!
bref!
sur facebook tout le monde me fuit!
j'aimerais avoir des amies mais comme tous les surdoués j'en ai très peu.
Pas facile d'être une zèbre!
mimie



j'ai pas faim!  boulimie & anorexie myriam le 16-03-2016 16:11:00  


Je suis descendue jusqu'à 41 kilos en 20014 et j'ai été hospitalisée. En arrivant je pesais 43 kilos et plus je mangeais plus je maigrissais! ils ont voulu me faire voir un psychiâtre et j'ai refusé!
Puis j'en ai eu marre des crises de boumimie et un soir en février 2015 j'ai eu envie d'une part de pizza et je l'ai gardée. J'ai pris presque 10 kilos et cela me paraît énorme!
c'est pour cela que je veux rester à 50 kilos.
J'ai une ossature fine et je suis hyperactive et sensible.
Et j'élimine tout ce que je mange.





3 ans x3 dawn le 12-12-2015 17:45:00  


voilà 3 ans jour pour jour que je suis venue déposer mon 1er témoignage sur ce site.

à cette période j'essuyai mon énième échec sentimental. Avec du recul j'essayai de me sortir d'une énième relation avec un pervers narcissique qui m'avait encore plus détruit que les autres.

J'ai acheté un bouquin qui proposait des exercices pour développer sa créativité. je devais y écrire une lettre à un monstre de mon enfance, et j'ai écris une lettre à mon père.

Cette lettre je l'ai déposée ici. Et j'ai commencé à fréquenter le forum et à y trouver une famille plus aimante que ma famille réelle. J'y ai trouvé du réconfort, des échanges et du soutien, et surtout des personnes qui avaient vécu la même chose que moi.
Je croyais que tout était dans ma tête, que j'avais inventé, que ce qui était considéré comme des écarts de conduites aux yeux d'une personne normale étaient en réalité des conséquence post traumatique: boulimie, perte de contrôle, alcoolémie, achats compulsifs, sentiment d'abandon etc.

Malgré une thérapie commencée en 2006, je ne trouvais pas la clé. Ici j'ai appris qu'il n'y avait pas de clé, que je devrais apprendre à vivre avec ce handicap, qu'il ne partirait jamais. J'étais en grave dépression, envie de mourir, sous anti dépresseurs et anxiolytiques.

Quelques mois après mon premier passage ici, j'ai décidé de parler à ma sœur et à ma cousine de ce qui m'était arrivé, de ce que m'avait fait subir mon père. Je pensais que tout le monde allait me tourner le dos. finalement ça n'a pas été le cas. Ma cousine m'a avouée avoir été victime elle aussi et ma sœur bien que vindicative et déterminée à mettre mon père en prison n'a pas de souvenir d'avoir été victime.

J'ai finalement déposé plainte au mois de mai 2013 après avoir essayé de dialoguer avec mon père. Je voulais juste qu'il reconnaisse ce qu'il avait fait et qu'il me demande pardon.

Il n'a jamais répondu. Nous nous sommes revus lors de la première confrontation lors de sa garde à vue. j'avais tout inventé, c'était une machination contre lui car j'étais jalouse de ma sœur!!!

Puis s'en est suivi une instruction, le divorce de mes parents et une famille qui, après avoir pris ces déclarations pour nourrir leurs propres problèmes, ne m'a jamais demandé comment j'allais.

Des expertises psychiatriques dont l'une d'entre elle a failli me tuer, encore une confrontation et le verdict tombe cette semaine. Il y aura un procès aux assises l'année prochaine.

Ces 3 années j'ai eu plusieurs périodes de désespoir. J'ai quitté mon boulot tranquille l'année dernière pour prendre la direction d'un parc d'attraction, puis je me suis fait licenciée et j'ai fini par monter ma propre structure en tant qu'agent général d'assurance. Je ne sais pas si ça va marcher, c'est pas facile surtout avec le procès qui se pointe à l'horizon.

Je n'ai pas rencontré d'homme depuis, personne qui m'a pris dans ses bras pour me consoler et me protéger. j'ai 38 ans, pas d'enfant, des dettes et je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait. Rien n'est sécurisé.

J'ai gardé contact avec ma mère mais c'est très compliqué. Elle est persuadée n'avoir commis aucune erreur et être une mère parfaite. Je ne la supporte plus, je ne supporte plus de faire comme si rien ne s'était passé. L'autre jour je lui ai redit que je n'avais pas parlé à cause d'elle et de sa fragilité. Elle s'est mise en colère en me disant "ah ben elle est bonne celle là". Je lui ai répondu qu'elle devait se préparer à entendre qu'elle est responsable, que je ne mentirai pas au procès. Elle m'a répondu que dans ce cas là elle n'y assisterai pas.

Ma sœur a déménagé dans les alpes avec un type qui m'a l'air d'être un pervers...elle qui était tellement engagée lorsque je lui ai parlé, ne me parle plus aujourd'hui.

Si je devais faire un bilan, je dirai qu'aujourd'hui je suis libérée d'un poids, et que je suis un peu moins fragile, mais je n'ai pas du tout de capacité à me projeter, j'ai peur de l'avenir et peur qu'il ait tout cassé. Je ne sais pas comment me reconstruire, même si j'y mets beaucoup d'énergie.

Je dirai que j'ai passé une première étape, celle de me considérer comme une victime et de l'être aux yeux de la loi et de ma famille, mais je ne sais pas quoi faire de tout ça.

je reste perdue. j'ai quand même au fond de moi une petite voix qui me dit que le pire est derrière moi. Mais je ne sais pas comment franchir le pas pour m'affranchir de tout ça, en tous cas pour mieux vivre avec.






l'inceste reconstruction 2 x1 plumetie le 05-05-2015 21:12:00  


Mais aussi la tristesse certains jours qui arrive .
Car la vie n'est pas simple de difficulté .
quand le corps demande le repos nécessaire à cette reprise de force pour pouvoir avancer , continuer .
c'est long , il faut du temps , beaucoup de temps et de la patience qui fait face certains jours à tellement d'impuissance souvent de voir toute l'énergie qu'il faut pour retrouver .. la santé .
du temps encore du temps avec soi et avec se quotidien si lourd parfois de difficulté .
et se monde qui continue de tourner , tout va si vite parfois , trop vite .quand juste un peu plus de temps pour pouvoir y arriver .
les mois , les années qui passent .
se construire .
faire que sa , c'est beaucoup déjà quand la confiance à été fracassé dans tout se que cela comporte de difficulté .
la tristesse de voir qu'il faudrait parfois de si peu de choses pour pouvoir être un peu ... mieux .
qui peu comprendre se que sa fait tout sa au fond de soi .
certain jours ras le bol de tout sa .
de se combat .
de cette énergie qui est récupérer au fil de chaque mots mais aussi qui se perds parfois dans l'incompréhension des certains autres .
sa semble si simple pour eux , ces autres ...dans la vie de tous les jours ..
qu'ils ne peuvent pas comprendre la force mais aussi parfois le déséspoir de ne pouvoir pas vraiment pouvoir leurs dire ..leurs expliquer simplement la raison de toute ces difficulté .
vouloir juste essayer d'arriver à faire comme eux .
je voudrais parfois juste m'endormir pour ne plus penser , pour tout oublier .
c'est un combat . qui n'est pas simple .
l'inceste . il ne faut pas le taire .
trop de dégât dans nos vie .








l'inceste suite myriam le 31-05-2015 11:52:00  


coucou!
la vie est là et ne te laisse plus envahir par le passé.
essaie de l'archiver dans un tiroir et ferme à clé! j'ai eu des parents toxiques mais cela ne me dérange plus aujourd'hui.
c'est vrai, il faut du temps mais dis-toi que cela passera!
je t'embrasse!
myriam



l'inceste suite plumetie le 08-07-2015 01:15:00  


sa ne s’archive pas comme sa hélas ;
tu sais il y as un moment si on n'y fait pas fasse à se passé il finit par nous rattraper et nous envahir bien malgré tout et malgré nous .
.même si on ferme le tiroir il arrive un moment ou le tiroir s’ouvrira tout seule , on pourras mettre tous les cadenas qu'on veut .

il faut du temps ,mais aussi un travail de thérapie que heureusement pour moi , j'ai entrepris .
sa ne passe pas comme sa , c'est pas un mal de tète quand nous parlons de traumatismes qui se réactive .

après c'est mon parcours personnelle , mais je peux comprendre de la manière que tu me le dis .
oui la vie est là plus forte que tout , mais c'est pas une mince affaire dans se parcours ;








l'inceste reconstruction 1 x1 plumetie le 04-05-2015 21:55:00  


sinon en thérapie j'avance . je raconte je me dis , je dénonce .
j’approfondis dans mes souvenirs , j'en parle avec plus d’audace .
le pére , la mére . l'emprise . les liens que je casse par mes mots .
son regards constant envers moi . qui salie qui raille qui se moque et j'en passe ! à dire et redire .
j’approfondis tous ces souvenirs .

je m'en détache . mais je dois dire encore .

voilà !

quelle dégât sa fait !
parler pour m'en libérer .
ne pas attendre que tout reviens comme sa à été mon cas ...
dire . affronter . comme on peu .
mais oser .
des étapes qui sont là , des étapes que l'on passe .
La peur . longtemps .
la confiance et les forces qui reviennent . doucement.
les mots toujours les mots .
parler et parler encore , raconter .
la peur . qui s'éloigne doucement .
puis la colère qui arrive . doucement aussi .
la colère pendant longtemps .
la tristesse . le chagrin . le désespoir .
la force . la santé qui revient .
les mots toujours . dire encore .
la peur parfois , encore qui est là .
la tristesse , le découragement . la colère qui revient , puis les mots encore .
des étapes franchis chaque fois .
des rechutes aussi dans ces étapes .
la peur , le ras le bol , le découragement .
mais l'envie de vivre qui est là, avec parfois l'envie de mourir aussi .
mais , vouloir malgré tout ! encore allé mieux . encore dire .
pour ne plus souffrir . un peu moins .
la colère . la colère . pendant longtemps , très longtemps .
la haine aussi malgré soi , qui est là .
des moments d'apaisement qui permette de souffler .
des étapes .
des paliers pour se poser .
et dire encore .
espérer s’apaiser .
parfois j'y arrive . un peu plus chaque fois .
je veux essayer d'y croire , encore les mots .
l'amitié qui est là ...
des mains que l'on prend que l'on tient .
qui nous aides , qui nous porte et nous sorte de se noir qui parfois est intense .
l'amitié mais aussi cette grande solitude qui souvent nous éloigne des autres .
faire comme on peu mais se donner les moyens quand les choses revienne .
objective , des but même petit
pour avancer dans cette avenir .
pas à pas
c'est déjà bien . c'est déjà sa .
la santé qui revient .
doucement le présent .
et l'instant comme il vient .
le prendre avec entrain .


plumetie








Les plus belles années x2 Mowgli le 01-09-2014 16:55:00  


Bravo Caro !

Excellent texte !

J'espère que des gens "normaux" le liront..

Et comprendront..

Au lieu de dire "Oui d'accord, mais il faut tourner la page". ... parce qu'on ne peut justement pas "tourner la page"...

On peut apprendre à "vivre avec", vivre de belles choses et se reconstruire, différemment.

Mais il n'y aura jamais de reconstruction équivalente à ce que çà aurait été si ce n'était pas arrivé.

Loin de là.

Et à cela, il n'y a pas d'exception.  (:-(

Voilà quelque chose qu'il est très difficile de faire comprendre aux gens "normaux".

Ton texte aidera peut-être certains d'entre eux à se le rentrer définitivement dans la tête.  :-(&

Ce ne serait qu'un petit soulagement pour nous autres victimes d'inceste, mais un soulagement quand même.  :v:  :v:





Parler x1 plumetie le 27-07-2014 22:35:00  


" Il en faut du temps pour pouvoir parler de son " histoire " ,des années , des milliards d'années pour pouvoir enfin dire un peu .

J'avais tout enfoui tout au fond de moi . Je ne pouvais pas dire . Je ne trouvé pas les mots. Je les avais perdu .

Tous ses souvenirs que je tentai de fuir . Sa fesais trop peur . Sa fesais trop Mal .

Mais il a bien fallu que je m'en approche , à petit pas d'abords , puis à grand fracas . Des peurs qui revenaient . Des terreurs m’emportant comme dans un grand tourbillon . J'ai du m’approcher doucement de tous ses souvenirs . j'ai ensuite du les affronter , sa petit à petit . Puis les apprivoiser pour commencer à en parler .

Et là , les mots sont revenu .
Ma peur s'est éloigné , il faut le dire .

Mes mots viennent de si loin . Mes mots viennent de l'enfance . Mon histoire je la contourne et j'y revient .
Retrouvant le sens de la parole , retrouvant le sens de mes mots .
Ils ne me feront plus taire .Personne n'en a le droit . Mes mots viennent de si loin . Mes mots viennent de l'enfance .


plumetie (25 juillet 2014 )





Sa passé pas x2 plumetie le 10-07-2014 23:51:00  


Trois années se sont écoulés , trois années depuis que j'ai voulu lui parler ; C'est pour dire le chemin parcouru ; Il m'a fallu du temps pour que je puisse avaler tous sa , au sens propre comme au figuré  o_O
Sa avait été assez violent tout de même cette rencontre de mes mots avec elle , cette rencontre qui n'a pu et qui ne se féras jamais , sa j'en suis certaines , il aurait fallu qu'elle soit en thérapie .. C'est comme des mains que je lui tendais , désespérément et qu'elle à refusé de prendre ou de serrer encore une fois . Tant pis pour elle .

Sa à mis du temps à passer , j'en arrivé plus à manger , pendant un moment . Je ne manger que des choses qui ne s' avalé que facilement ; j'en garde tout de même encore une difficulté de déglutition pour certains aliments ;
J'ai avancé avec l'aide de la thérapie ,j'ai arraché les racines de mes mains ... creusé la terre ..
pour finalement couper la chaine qui me relié à elle , ou plutôt enlever la chaine du mousqueton qui me relié à elle ;
sa n'a pas été une mince affaire .

elle m'a fait du mal avec ces paroles .
rien que pour sa , se n'est pas une bonne " mère" ;
une véritable mère m'aurait écouté , aurait essayé ; tans pis pour elle ;












Ma mére x2 plumetie le 08-07-2014 18:05:00  


Hier , j'été dans le bus , quand ho ! surprise !
" ma mère " que j’aperçois par la vitre ; J'ai vite tourné la tète . Sa va faire à peu prés trois ans que je ne la voit plus . Par trois fois , j'ai pu l'esquiver , deux fois en rentrant dans un magasin , elle était devant moi , vite je suis ressortis ; Une fois il y as longtemps , j'été sur le trottoir d'en face ou elle se trouvé , je n'avais absolument pas l'envie de traverser , je lui ai dit que je n'avait pas le temps ; l'ironie c'est que j'allai à ma séance de thérapie .
et une fois , j'été dans le bus qui s’arrête à un arrêt qui je vois ! " vite je suis descendu ;
j’espère ne pas la rencontrer , je l'a voie parfois à travers la fenêtre du bus .... je crois que se qui me rend triste finalement , c'est de ne pas avoir eu une mère qui me comprenne et me respecte dans se que je suis , une vrai " mère " qui n'aurait pas eu peur de vraiment m' écouter / Bien sur elle prend de l'age , c'est peu être , finalement pour elle ; le privilège de l'age comme une immunité diplomatique ,par ce que j'en ai entendu des bêtises et le mots est faible ,




Ma mére x2 plumetie le 08-07-2014 18:20:00  


il y as , à peu prés trois ans , je l'ai appellé au téléphone , j'été en plein " flashback " d'un souvenir qui me revenait en force ; Elle est venue chez moi se jours là , suivi de ma sœur ... ;
J'été vraiment naïf de croire qu'elle allais enfin m'écouter . Son refus à été catégorique ... scène et simagrée de sa part ; pour par la suite m'entendre dire " Que j'invente , que c'est Dans ma tète " ;(et encore! j'ai pas dit grand chose );


Aberration et Consternation pour moi ; Elle me muselé encore une fois . je me suis levé , je n'ai rien dit et depuis je refuse de la voir . c'est inacceptable pour moi
d'entendre cela ;





Mon frère x1  ma famille Caro le 27-06-2014 23:48:00  


Bonsoir, je voulais rejoindre un groupe de paroles au sujet de l'inceste, que j'ai subi quand j'avais entre 9 et 13 ans environ. L'agresseur étant mon frère de 3 ans mon aîné. J'avais minimisé ces actes et je ne voyais pas de lien avec mes nombreuses souffrances, mon estime personnelle bousillée, mes compulsions alimentaires, tentatives de suicide,... Et j'en passe.
Jusqu'à ce qu'en mars dernier nous découvrions avec mon mari, que le propre fils de mon frère, 11 ans, avait agressé sexuellement notre fils, 6 ans.
Nous avons tout de suite coupé les ponts avec la famille de mon frère et pris en charge comme il se devait notre fils. Cela a provoqué une explosion de ma famille.
Surtout cela a enlevé la gadoue que je gardais sur les yeux concernant ce que j'avais subi. Je voyais que mon fils n'avait pas perdu de sa valeur après cette agression, son cousin, si. Comme moi qui n'avait pas à me sentir dévalorisée comme c'était le cas depuis mon enfance. Les malades sont devenus clairement mon frère et son fils dans ma tête.
Je disais donc que je voulais discuter avec des victimes d'inceste car je me sens mieux depuis ces révélations et je sais que mon fils a toutes les chances de s'en sortir, mais je suis tout le temps en colère en ce moment, j'ai des réminiscences douloureuses, j'ai de la peine que ma famille soit défaite et en même temps je sais que je n'y suis pour rien,... J'ai besoin d'avoir des échanges avec des personnes qui ont vécu des tourments semblables,...
Merci de m'avoir lue
Caro



Mon frère x1  ma famille isilda le 28-06-2014 10:00:00  


Bonjour Caro
je t'ai lu avec attention. dans ton témoignage ça me renvoi au lien que même entre enfants les dégâts sont importants.

si tu souhaite échanger viens aussi dans la rubrique "parole en marche" là! tu pourras dire et tu auras des échanges avec d'autres.

A bientôt  :-x

isilda



ma famille x2  ma famille Caro le 28-06-2014 23:12:00  


Bonsoir. Merci pour les reponses. Ca m'encourage pour continuer à venir echanger sur le forum. Et ça va m'aider. Je suis aussi de tout coeur avec toi. Mes parents, les grands-parents donc, sont ravagés par le chagrin mais font face. C'est important pour moi de les sentir forts. Les parents et grands-parents prennent bien leur place de cette façon. C'est important pour les victimes car les repères sont inversés même si c'est entre enfants. Elles sentent au moins votre volonté de protection, avec ton mari. Courage et à bientôt





l'inceste et mon vieux tricot de laine x1  mon corps isilda le 27-05-2014 18:17:00  


Réactions en rapport avec la soirée d'hier et l'image du tricot. (en rapport avec l'humain)

Au commencement:
Les côtes est la fondation normal d'un petit tricot et ils doivent être solide....(s'il n'y a pas eu violence pendant la vie utérine)

puis voici les premières mails au points de mousse pcq c'est plus simple.
Puis deuxième rang ……je ne me rappelle pas.
Puis au 6 ème rang, c'est l'âge ou mon père tape la petite isilda à 6 mois sur le mur (au dire de ma sœur)
alors au 5 ème rang se forme un énorme nœud dans le début du tricot....un nœud ineffaçable ,un nœud énorme indétricotable (j'avais écris indécrottable) ...
UNE VIOLENCE, UN ENORME NOEUD INCRUSTE DANS MA MEMOIRE, ET QUI NE S'EFFACERA JAMAIS. C'EST LA MEMOIRE DE MON CORPS, C’EST INSCRIT DANS MES CELLULES.

Au fil de la laine (la vie), le tricot prend des Centimètres et dans ces centimètres il y a eu D'autres violences: donc plusieurs nœuds indéfaisable....des nœuds très rapprochés les uns des autres et que l'on ne voit pas sur l'envers du tricot, mais les nœuds sont bien en dedans de isilda.

au fils des années il y a eu de nombreux petits et effroyables gros noeuds et tout le long de ma vie. Moi, je saurais que je porte ce vilain tricot à gros nœuds qui ne se voit pas en mettant ce tricot à l'endroit. A l’endroit on ne voit pas les nœuds voyons ! Justes, des défauts, des bosses, des changements de couleurs, des trous reprisés avec les moyens de la famille.
Moi même je ne savais pas que j'ai porté ces gros nœuds traumatiques parce que J'avais occulté pendant 46 ans.

L'envers du tricot que je retourne en thérapie, alors ! J’ose y mettre les noms des pervers que certains, plus que d'autres ont participé à l'écartèlement de ma personnalité: je dénonce mon oncle, mon père, ma mère, mon grand père, l’aman de ma mère, mon frère et le buraliste, mon voisin, et les fils des voisins.

Ce tricot qui me colle à la peau parce que les conséquences post traumatiques sont horriblement lourdes et bien ces nœuds sont incrustés et un nœud tel qu’il est fait de la main de la mauvaise tricoteuse ne pourra jamais se détricoter. Elle laissait les nœuds se faire
La tricoteuse au départ qui est ma mère, à laissé faire mon père me cogner la tête sur le mur et ne m’a jamais protégée de tous ces prédateurs, bourreaux, violeur.

Moi, je ne peux qu’en thérapie retourner mon tricot, le voir sur toutes les coutures et voir un certain nombres de gros nœuds visibles et parler de ce vieux tricot et de me laver de ces souillures, de mettre les mots sur les maux et d’avancer dans la vie en apprenant tellement de manquements comme la confiance et bien d’autres encore.
Et j’ai besoin de beaucoup de temps pour être réparer et me reconstruire pour pouvoir vivre bien dans ma vie de tous les jours.
Du temps…..beaucoup de temps….et oui ! C’est peu 29 ans de thérapie quand je mesure les dégâts.





paroles sages x2 alice le 15-05-2014 13:13:00  


Alors que je demandais à mon mari pourquoi mes enfants m'aimaient il m'a répondu :
"il n'y a aucune raison pour aimer sa mère mais beaucoup pour ne pas l'aimer "

alice





je commence x2 jiouly le 04-01-2014 06:01:00  


bonsoir, c'est difficile pour moi de m'exprimer, alors, je vais commencer par un de mes textes que j'ai écris....

Aujourd'hui,
Je tente de survivre avec mes blessures, Je masque comme je l'ai toujours fait ... J'ai Masqué ma souffrance, mes émotions et son image.
Mon impuissance face à lui. J'ai toujours le sentiment que je suis impuissante, faible et nul car je n'ai pas su partir, j'aurai pu parler, partir ... Mais, je ne l'ai pas fait !
La honte, la culpabilité surgissent à tout moment. J'ai tout enfermé : les images, mes sons, les odeurs, les sensations corporelles, les pensées, les émotions vécus lors de ...
Je peux me rappeler de l'avant et de l'après avant de me retrouvée nue. De jour en jour, les cauchemars sont de plus en plus présents, et de moins en moins flous.
Le silence, c'est ce qu'il me demandait en me disant : " si tu parles, on ne te croira pas, si tu parles, tu seras la menteuse, si tu parles, papa ira en prison,...». Je me suis enfermée dans ce silence. La peur de souffrir, la peur de ne pas être entendue, la peur d'être abandonnée et la peur de ...
Pourtant, Mon père, je l'ai aimé...
Aujourd'hui, je me dis : Mais qu’est-ce que j'ai fais ??? Rien ! Je n’ai rien dit pour ne pas envoyer mon père en prison et pour garder l'image de la famille. Mais moi, aujourd'hui, Je me sens toujours aussi sale, je me dégoute !

Il m'a touché, caressé mon corps.
Il m'a demandé de toucher le sien…
Plus grande, il m'a ...
J'ai souffert et je souffre encore ...



je commence x2 Opale le 04-01-2014 13:26:00  


C'est très courageux ces mots déposés.
Nous sommes là et si tu le souhaites n'hésite pas à venir sur le forum tu auras + d'échanges

 :-*



je commence x2 jiouly le 04-01-2014 14:22:00  


Merci.

J'ai toujours eu plus facile par écrit, la parole me fait peur. PAr rapport au forum, je suis un peu perdue de comment ça fonctionne et par où je dois commencer !!! C'est pas évident de s'y retrouver ...

Merci à toi d'avoir lu mon message ! Merci pour ces quelques mots.





du chemin parcouru x2 dawn le 06-06-2013 10:19:00  


Au mois de décembre, après avoir lu un bouquin sur la créativité, j'ai rédigé une lettre à mon père. C'était la 1ère fois que je posais des mots sur tout ce qu'il y avait dans ma tête depuis plus de 20 ans. J'ai grandi avec ces flashs et malgré j'ai réussi à construire une vie stable en apparence, hormis le fait qu'à 35 ans, je n'ai toujours pas de compagnon ni d'enfants comme la plupart des gens de mon âge. Les gens de ma famille ont toujours mis ça sur le dos de mon "mauvais caractère"...

Il y a 6 ans, j'ai poussé la porte d'une psychiatre et je lui ai tout de suite raconté mon histoire. Apres cela, j'ai passé des années à tourner autour du pot en apprenant à m'analyser mais sans avoir le courage d'affronter LE sujet. 6 années de descentes aux enfers: j'ai sabordé mon boulot, ma vie sentimentale et matérielle pour me retrouver comme étant une vrai loque au mois de décembre.

C'est là que j'ai écris une lettre à mon père. Pour la première fois je mettais des mots et je couchais sur papier les films et les flashs que j'avais dans la tête depuis plus de 20 ans. Ces images qui faisaient parties de moi. J'ai grandi avec elle mais je me suis séparée de toutes les émotions qui d'y rattachais et pendant longtemps j'ai été considérée comme une personne forte...tu parles! derrière le roc, il y avait la petite fille apeurée que je ne laissais pas vivre car elle était trop faible.

Cette lettre a été un déclencheur. Dans la foulée j'ai contacté le planning familial pour intégrer un groupe de parole. La seule chose que j'y ai trouvé c'est une assistante sociale qui m'a culpabilisée car si je ne portais pas plainte je me rendais complice s'il avait agressé d'autres personnes....quelle incompétence...suite à cet entretien je suis restée prostrée 3 jours dans mon lit avec les première résurgences du passé et cette culpabilité transmise par cette femme qui m'a bousculée à un moment ou il fallait juste m'écouter et me faire comprendre que j'étais une victime.

Car c'était là ma première étape...prendre conscience que ces flashs étaient réels et pas des inventions de mon esprit et intégrer la notion de victime.

J'ai continué ce chemin et j'ai parlé avec tous mes amis proches qui m'ont tous entendue, écoutée et soutenue. Sans eux je ne serais plus là aujourd'hui...je suis venu m'inscrire sur ce forum également. Toutes ces étapes en quelques jours seulement.

Puis il y a eu noël et mon envie, mon besoin alors de crier à tout le monde ce qui m'étais arrivé.
Mes amis m'ont déconseillé de le faire à ce moment là car j'étais très fragile et ils pensaient que je ne m'en remettrais pas. Ils avaient raison. il fallait d'abord que je reprenne des forces.
J'ai joué la comédie et fait comme si de rien n'était pendant la traditionnelle réunion de famille.

Puis les jours ont passé, je me suis un peu remise physiquement et j'ai enchainé les rdv médicaux. Psychiatre 1 fois par semaine, j'ai découvert la musicologie (1 fois par semaine), j'ai commencé également une thérapie avec une psy qui fait de l'hypnose eryksonienne 1 fois par mois. Mon corps et mon esprit étaient vraiment dans un salle état. je pleurais tout le temps. Toutes les larmes que j'ai retenue pendant plus de 20 ans sont ressorties d'un coup. Toutes les émotions enfouies sont également réapparues. c'était le tsunami émotionnel.

Puis un soir, j'ai parlé à ma sœur. J'ai toujours pensé qu'elle me tournerait le dos. Qu'elle ne me croirait pas, et j'avais peur de la perdre. Elle a 9 ans de moins que moi et je suis partie de la maison à 15 ans pour fuir mon bourreau en l'abandonnant...on a jamais été très proches, la faute à mes parents, qui, je ne le réalise que maintenant, ont tout fait pour nous monter l'une contre l'autre...pour mieux nous faire taire je pense.

Je lui ai parlé et elle n'a pas eu l'ai étonnée. Elle m'a dit "je comprends mieux maintenant...je serai là à tes côté dans cette épreuve, il doit payer..." je ne m'attendais pas à cette réaction. Je pensais me retrouver seule et sans soutien et me voilà avec ma sœur à mes côtés...












du chemin parcouru x1 dawn le 06-06-2013 10:20:00  


Puis j'ai décidé de parler à ma cousine. Elle a 3 ans de plus que moi et a toujours eu un rôle de grande sœur pour moi ma petite sœur étant arrivée tardivement.
Et là surprise, elle me dit que mon père a essayé avec elle...qu'elle attendait que je lui en parle pour se confier aussi...

Ce jour-là j'ai eu un électrochoc. Ça voulait dire que tout ce qui était dans ma tête était réel et surtout que je n'étais pas la seule...j'ai toujours pensé que j'étais la seule, que j'en étais responsable et qu'au fond ce n'était pas "si" grave. Le fait de savoir qu'il a essayé avec une autre ne faisant pas parti de la cellule familiale m'a ouvert les yeux. IL est dangereux, il faut l'arrêter. Il travaille avec des enfants handicapés. C'est un monstre, un pédophile qui peut s'en prendre à n'importe qui.

Ma sœur ne se souvient de rien, elle ne pense pas avoir été abusée mais son carnet de santé fait état d'une fissure anale à l'âge de 4 ans pour laquelle elle a été hospitalisée...ma mère nous a toujours dit que les hospitalisations de ma sœur étaient dues à mon départ quand j'avais 15 ans (merci de me faire porter le chapeau maman...). Sauf qu'à cette époque ou ma sœur a été hospitalisée j'étais encore à la maison.

Bref tout ça pour dire que toutes ces discussion m'ont ouvert les yeux sur mon père....mais aussi sur ma mère que j'ai toujours protégée et pour laquelle je me refusais à parler car elle était trop fragile...aujourd'hui je ne sais plus qui elle est et je crois qu'elle aussi m'a beaucoup manipulée.

Tous ces éléments m'ont décidée à porter plainte. Ce que j'ai fait il y a une semaine.

Je n'imaginais vraiment pas être capable de cela.

Évidemment, la plainte n'est pas une solution universelle. Pour ma part je le fais pour éviter qu'il ne s'en prenne à d'autres, car j'ai encore le réflexe de penser que ce qu'il m'a fait à moi n'est pas si grave...peut-être que la procédure m'aidera à l'accepter.

Depuis j'attends que mes parents soient convoqués. Mon inconscient me fait revivre mes nuits d'enfants toutes les nuits, mais malgré la peur et la souffrance que ça provoque, je me sens soulagée d'avoir posé mon secret.




du chemin parcouru laurette le 10-06-2013 09:40:00  


Bravo pour ton parcours. Tu as bien fais! Tu as fais le plus dur, tu vas y arriver. J'espère que ta plainte aboutira.
Tu as tout mon soutiens  :-x  :-x  :-x





mon témoignage x2  message d'espoir laurette le 23-05-2013 14:06:00  


Tout à commencé après le suicide ma mère, je n'avais que 5 ans. Elle c'est battu toute sa vie envers et contre tous (famille, mari,...) pour réussir a être heureuse, rendre les gens meilleurs ... Elle a tout donné, surement un peu trop, et a préféré nous abandonner, ma petite sœur et moi au main d'un homme instable, notre "père".
Après son décès tout à empirer, plus personne n'était là pour le contenir, le soutenir... Il c'est mit à boire de plus en plus, à devenir violent. Tout le monde lui pardonné puisque vous comprenez "il vient de perdre sa femme le pauvre" ... et nous ?
Il nous a enfermé pendant 12ans dans sa psychose, nous éduquant dans la paranoïa des autres, affirmant qu'on ne pouvait compter que sur lui. Ce manipulateur pervers alcoolique paranoïaque n'a jamais était soupçonné et quand des gens porté un œil sur lui je le protégeais  (:-(
Tout le monde n’arrêtaient pas de me répéter que je ressemblais comme deux goute d'eau (physique et caractère) à a mère... peut être un peu trop.Un jour ce qui devait arriver arriva, il avait un peu trop bu, je venais de faire un cauchemar et lui ai demandé de dormir avec lui, j'avais 8ans et cette nuit, celui qui m'avais conçu m'arracha ce qu'il m'avait offert... Ma vie.
Nous avons vécu pendant 12ans dans la peur, jour après jours, coups après coups, insultes après insultes. Je passais mes nuits a prier pour qu'il soit trop soul en rentrant et qu'il s’effondre sur le sol pour ne pas l'entendre frapper notre porte... Il ne viola jamais ma sœur, mais c'était elle qui prenait le plus de coup...
Et un jour se fût le déclic !!! Il rentra a 3heures du matin ivre nous insultant pour qu'on vienne de suite faire la vaisselle, ma sœur à essayé de lui dire d'arrêter, ça ne lui a pas plus et l'a frappé très fort elle est tombé sur un couteau de cuisine j'ai cru que j’allai la perdre pour de bon. Je me suis dis stop !!! ce n'est plus possible. ça y est il est allé beaucoup trop loin.Je suis allé voir la gendarmerie le lendemain pour déposer une main courante contre lui. Ils m'ont dis que ça ne servait à rien. Et m'ont laissé repartir sans chercher a me donner d'autres solutions :-O
A partir de ce moment je me suis dis que je ne pouvais compter que sur moi même pour sortir ma sœur de là. J'ai réussi a 17ans a avoir un appartement pour continuer mes études.A partir du moment au j'ai eu un pieds à terre, un lieu en sécurité loin de lui et que j'ai pris confiance en moi. J'ai porté plainte ! j'ai débarqué chez lui récupéré ma sœur quand il n'était pas là. J'ai mis longtemps à la convaincre que c'était le mieux, elle était résinier, ne voulais pas se battre . Elle ne voulais pas qu'il devienne encore plus violent. Je lui ai dis qu'il ne pourrais plus rien contre nous que c'était maintenant ou jamais!
Notre plainte n'a pas vraiment abouti ... Et oui il n'y avait que nous deux contre lui personne d'autre pour soutenir nos témoignages ... J'allais devenir majeure,ils ont quand même réussi à placer ma sœur chez des gens de notre famille loin de lui. Et là je me suis dis enfin! c'est bon elle est sauvé ... Je n'ai plus rien qui me retiens ici bas.
c'en est suivit 2ans de dépression, une fausse couche, un copain qui devenais comme mon père ... Je me suis séparé de lui anéanti, seule, abandonné de tous...
Pendant trois mois j'ai cherché à pousser toujours plus mes limites, espérant que La Faucheuse viendrait enfin me récupérer... et puis dans se gouffre de tristesse infini j'ai rencontrée quelqu'un. Un soir je lui ai proposé de resté dormir chez moi. J'étais entrain de le déshabiller et là il m'a dit non!  o_O je ne comprenais pas je pensais que c'était ce que tous les hommes recherchaient, il m'a répondu : " je ne couche pas avec quelqu'un qui ne m'aime pas"
Ce fût un choc pour moi il ma repoussé, embrassé le front et m'a serré dans ses bras.
Je n'avais jamais aimé avant mais ce soir là j'ai su on fond de moi que quelque chose se passait, que se cœur tout meurtri était entrain de se battre pour se débarrasser des ses chaines.
Il m'a écouté, soutenu et aimé ... ce que personne avant n'avait fait. Il m'a sauvé !
Il a tout fait pour me rendre heureuse et il a réussi ! Tout mes cauchemar ont disparu, mes cicatrices se sont estompé ... Il m'a montrer ce que c'était de vivre et mon dieu, que c'est bon ! je ne l'aurai jamais cru avant.
Maintenant nous avons fondée un famille, nous débordons de joies, d'envies d'avenirs. J'ai envie de me lever le matin, de me battre ! Et si un jour un mauvais souvenir à le malheureux de vouloir m'enlever tout ça, nous l'anéantirons!
J'y crois maintenant ! je le sais ! La roue tourne !
Le destin me rend ce qu'il m'a prit.

Mon amour, ma chérinette je ne vous décevrais jamais, je vous aime !!!!

A tout ceux qui ont vécu l’inceste , je vous le jure sur tout ce qu'il met le plus cher , la vie vaut le coup d'être vécu ! vous avez tout mon soutiens <3



Laurette...  message d'espoir isilda le 24-05-2013 12:39:00  


Bonjour Laurette
quel tremplin  \:)/ après ce passé si douloureux.
Merci pour ton témoignage.
 :-x



Laurette...  message d'espoir laurette le 24-05-2013 13:23:00  


Merci à tous
 :-x  :-x  :-x  :-x  :-x  :-x  :-x  :-x  :-x





témoignage fanny le 15-04-2013 16:45:00  


Bonjour, je m'appelle Fanny et je suis actuellement en 4éme année de psychologie. Je travaille actuellement sur l'inceste pour mon mémoire car je souhaite me spécialiser dans la protection de l'enfance. Je me permet de vous contacter via ce forum pour vous contacter et vous demander si vous voulez bien me livrer votre histoire.
Je prie de bien vouloir m'excuser si vous trouvez ma démarche un peu grossière mais peut être pouvons nous essayer de nous aider mutuellement..



témoignage julie_m le 30-04-2013 15:10:00  


Bonjour Fanny, je veux bien t'aider si tu veux.



témoignage myriam le 14-06-2016 21:06:00  


Pour fannny:je suis partante et prête à t'aider,
Écris -moi à cetoumoi85@gmail.com





Ecrire mon histoire laura le 23-10-2013 12:32:00  


Bonjour Baboushka

Tes écrits m'ont bouleversé c'est vrai quand on te lit on imagine très bien ce tyran qui est ton père sa haine envers toi et ta maman son sadisme!! Sa cruauté!! Est je n'ai qu'une envie comme a dit Mowgli c'est de lui faire mal de le réduire en miette!! :-& pour qu'il n'existe plus!! quel lâche!! Honte!! à ton pseudo père!!

Beaucoup de courage à toi tu écris très bien et on ressent tes émotions continue si tu en a la force. ;-)





je suis bizarre... c'est mieux que folle déjà x1 katao le 05-06-2013 12:59:00  


Bonjour

Ton message, ton vécu est parfaitement ce que je suis entrain de vivre. Et finalement que j'ai toujours vécu. Entourée ou seule, je suis toujours profondément seule et ce depuis toujours !!!!
J'ai 37 ans, je vais prendre les temps d'écrire mon histoire (je me suis inscrite hier)
Pour ma part, je suis en total échec.

C'est la maternité qui pour ma part a fait que j'ai accepté de regarder "le problème" ce mal être permanent. Avant cela bah je changeais de projets et je fuyais. Aujourd'hui je ne sais même plus ce qu'est mon projet. Voilà je suis vide.

En tout cas je te soutiens. Et ce sentiment de solitude permanent et de difficultés dans l'intimité (la vraie) à défaut d'être normal dans la vie l'est pour nous qui avons subi un brouillage, une torture de cerveau.

Le problème de l'inceste est qu'il est le fait d'un bourreau, de toute une famille et d'une société entière !!!

Bonne journée, on est pas seule. c'est effroyable comme ça n'est pas rassurant.





L'automutilation... x8  l'automutilation Cendrillon le 16-01-2013 13:08:00  


Oui, j'ai cessé toutes scarifications depuis environ 9ans. Aujourd'hui, j'ai 33ans... Ca a duré quelques années...

Je m'en suis prise à mes bras (des épaules jusqu'aux doigts) dès que j'ai commencé à parler, j'avais 18ans. A l'époque, j'étais hospitalisée en psychiatrie pour m'être jetée sous une voiture.

Je ne me suis attaquée "qu'à mes bras" de peur qu'on me déshabille pour me faire des soins... Ils ont donc bien "morflé"...

Mes passages aux urgences ?... Bah j'y suis tellement allée... Mes bras ont envoron 25-30 points de sutures chacun... Une fois, les tendons étaient à deux doigts d'être touchés...

Mais ça ne m'a pas fait peur... Je crois que plus on m'expliquait les dangers des scarifications, plus on me soutenait et plus j'utilisais les lames de rasoir ! Quelques fois je ne rentrais dans les hypermarchés que pour m'en acheter !

Non pas que je prenais plaisir à m'ouvrir, non, du tout. Mais lorsque la souffrance psychique était trop forte, lorsque la culpabilité et la honte étaient trop présentes, je devais/voulais me punir, mettre des maux à la place des mots !

Au début, et pendant quelques années, je me suis comportée ainsi pour ces raisons.
Puis, quand on arrive (comme c'était mon cas) aux urgences ou dans le bureau des infirmiers, les bras en sang +++ et que l'on voit qu'ils sont peinés, horrifiés (parce qu'ils ne sont pas tous préparés -à l'époque- à voir gérer, voir cela), on sent que quelqu'un fait attention à nous, que l'on compte pour quelqu'un, que l'on existe enfin...

Alors, quand je me suis rendue compte qu'en ne parlant pas l'équipe soignante n'était pas présente mais qu'elle l'était lorsque je posais de tels actes...

Dès que j'étais au plus mal, je me scarifiais ! C'était, pour moi, la façon que j'avais trouvée pour communiquer, pour dire que j'étais mal, dire que j'avais besoin que l'on m'entoure...

Un jour, alors que j'étais hospitalisée pour une énième TS, un infirmier (un connard sans aucune psychologie ) m'a dit : "Dès que l'on te propose quelque chose de positif, dès que l'on te dit que tu avances, tu fous tout en l'air !"...

C'est un con, je ne lui enlève pas cette qualité , mais il n'empêche que depuis ce jour, ma tête a beaucoup réfléchi...
Et en effet, quelques temps plus tard, je me suis rendue compte que je m'étais enfermée dans un statut de victime ! Si si, il existe, on y passe toutes, à plus ou moins long terme !

J'avais tellement eu de mal à parler, peur de ne pas être cru, tellement de mal à accepté les choses que lorsqu'on m'a dit que j'étais une VICTIME, je me suis engouffrée dans ce statut que je n'ai plus voulue quitter, parce que quelques fois TRES CONFORTABLE !

Le jour où j'ai compris cela, c'est le jour où j'ai cessé de me faire du mal, cessé toutes scarifications et TS...

Aujourd'hui je vis avec mes bras (tant mieux pour moi ). Ils sont très marqués mais cela ne me gênent pas. Ils font partie de ma vie, de celle que j'ai été. Mais ils sont aussi la preuve que l'on s'en sort !

Je ne les montre pas lors des oraux de formation, lors des entretiens d'embauche mais sinon, être en tee-shirt ne me pose aucun problème.
Et aux ados qui me posent des questions (et qui souvent peuvent vouloir s'identifier), je leur réponds seulement "j'ai eu un passé difficile mais vous voyez, cela n'empêche pas de s'en sortir"...






après l'inceste  ma reconstruction clémence2206 le 22-01-2013 21:56:00  


Merci pour ce partage, il est très touchant ton témoignage, ! Et en plus tu finis avec un  :-) c'est beau !





encore x1 léna le 18-12-2012 14:31:00  


je me suis encore mise en colére j'ai encore gueuler et maintenant je pleure ,je pleure de ne pas savoir encore gérer ces moments d'angoisses et ces coléres !
 :'-(





L' enfant et les mots x4  le clivage plumetie le 30-08-2012 01:29:00  


"-Il était une foi ,sa pourrait commencer commencer comme sa ; Mais , quand on a été une victime d'inceste ; Se n'est surement pas un conte de fée que je vais vous raconter là ; Mais plutôt une histoire de sorcière et de monstre qui n'en ont pourtant pas l'apparence mais ils sont tellement laid à l'intérieure d'eux , que l'enfant ne sait pas , que l'enfant ne voit pas leurs vrai visages ; L'enfant ne ressent que le froid qui lui glace le sang .
Dans les histoires d'incestes , tout est caché , tout est tu , tout est silence , tout est secret ; Rien ne doit être su .
L'enfant ne comprend pas ,l'enfant ne sait pas mettre des mots .Il ne connait pas encore les mots .Il ne connait que le mot sang , que le mot peur ,que le mot mal .
Le regard de la mère qui le désigne coupable , le regard de la mère qui le rejette , qui le méprise , qui le salie ; Mauvaise mère qui ne sait pas , qui ne peut pas , qui ne dit pas . Honte , un nouveau sentiment que l'enfant ressent . Il apprendra le mots plus tard ,quand il apprendra à dire , à ressentir l'émotion juste ,pour exprimer tout son mal être ."
(le 28 aout 2012,)





Lettre fictive à ma mère (29/07/2012) x2  ma mère Opale le 09-08-2012 18:18:00  


Maman

Je n'en peux plus de toi...plus les jours passent et plus tes angoisses me détruisent.
Tu as fait de moi une adulte terrifiée par chaque chose de la vie, c'est dégueulasse, et tu ne cesses d'en rajouter, attention, attention, tout est dangereux avec toi...sortir, voyager, nager, faire du vélo...
Tu m'as mis dans une cage dorée, emprisonnée dans tes peurs, et en prime tu as mis dans cette cage un homme fou et dangereux.
Qu'as-tu dans la tête pour avoir fait ça ? A quoi tu penses maman ? Tu vois pas que je suis en train de crever sous tes yeux ? On ne partage rien, je dois me protéger de toi, m'interdire de te dire ce que je fais, ce que je projette, ou sinon c'est l'avalanche d'angoisses...
Va-t'en ou tais-toi, j'en peux plus de toi...j'ai mal à en crever, je suis vide de toi mais pleine de tes peurs, toutes ces peurs que tu trouves normales, toutes ces peurs qui ne te font pas mal...
Pourquoi tu ne vois pas que c'est toi qui as un problème, pourquoi tu ne comprends pas que ce n'est pas normal de penser aux catastrophes sans cesse...
Je prends le train et tu penses à une panne, je mets ma valise dans la soute tu penses à ce qu'on me la vole, je parle d'un bleu sans savoir quand je me le suis fait tu parles de leucémie, tu parles des malades tout le temps, des cancers tout le temps, j'en peux plus, tais-toi, tais-toi tu me fais trop mal.
J'ai déjà tant de peur que vous avez tous incrusté en moi, j'ai déjà tant de mal à les soigner, à les dépasser et tu m'en rajoutes sans cesse.
Je suis là, adulte qui a peur de tomber s'il y a une grande pente , adulte qui a peur de faire du vélo en ville , sur la route, adulte qui a peur de nager....
Tu as tué ma vie, mon envie de vivre, tu brises chaque espoir de projet, chaque envie, chaque souffle de vie que j'essaye d'attraper...
Je t'en prie tais-toi ou tu vas me perdre...tais-toi avant que j'en meurs de toutes ces peurs, tais-toi pour m'aider...
Je ne veux plus écouter ta voix, c'est la voix de la peur, de la mort....de la terreur....
Je veux plus t'entendre, tais-toi............."





Pourquoi ce pseudonymat d’Auteure obligatoirement anonyme ? x2 auteure obligatoirement anonyme le 23-07-2012 08:46:00  


Je suis l’Auteure obligatoirement anonyme depuis la parution de mon témoignage en 1993.
C’était le choix de l’éditrice qui sans s’en rendre compte, m’a plongée un peu plus dans l’anonymat alors qu’elle pensait qu’en le nommant, elle lui donnerait corps.
Avant, j’étais Emmanuelle et c’est ainsi que m’a appelé publiquement François de Closet, lors de l’émission Médiations du 29 mars 1989.
Je récuse le terme d’anonymat en y accolant obligatoirement. Ce terme qui me fut imposé à la parution de ce premier livre et qui dès ce moment a été mon image de marque. Il est le symbole d'une société encore incapable de prendre une quelconque responsabilité à l'égard des victimes que l'on préfère lire sous anonymat.

Comme l'écrit Maitre Eolas : "Ce nom est un pseudonyme, un nom de plume, et bien d’autres personnes plus talentueuses que moi ont écrit des œuvres bien plus intéressantes que les miennes sous pseudonyme : Montesquieu, Rabelais, Amantine Dupin, mais en aucun cas mes billets ne sont anonymes : ils sont signés, et j’en assume le contenu, erreurs comprises. Je préfère donc parler de pseudonymat."

Je ne peux cependant mettre mon vrai nom et prénom partout, c’est le patronyme paternel qu’il m’a été interdit de changer. Je vous donnerai ensuite les termes de ma demande en changement de nom entreprise en les émissions télévisuelles et le livre.





j'aurais aimé t'aimer ... x5 alice le 12-07-2012 21:35:00  


Bien sûr , l'amour que je n'ai pas reçu de toi m'a manqué .Il me manque encore cruellement .

Mais ce qui m'a manqué encore plus c'est l'amour que je n'ai pas pu te donner .

Je n'ai pas pu car tu ne m'en a jamais donné l'occasion .
je n'ai pas pu parce que tu m'a torturée .
Je n'ai pas pu parce que tu étais si vile et perfide...

Il y a de cela 20 ans , je me suis rapprochée de toi géographiquement .
Ce n'est même pas ton amour que je recherchais .Je savais que cela était vain .
c'était celui que je pourrais éventuellement te porter .

Mais ce fut peine perdue .
Pendant 5 ans , à proximité de toi , j'ai cherché vainement et je n'y suis pas parvenue .
Alors , pour me sauver , je me suis à nouveau éloignée , résignée.

Tout à l'heure en voiture , je crevais d'envie de te nommer avec ce mot dont les enfants font usage .
Je formais les mots avec ma bouche mais le son ne voulait pas sortir .
Je ne parvenais pas à dire ce mot .
Les larmes me coulaient de rage et de désespoir mais rien n'y faisait .

Je peux écrire ce mot " maman " mais ne peut le dire .
et pourtant j'aurais tant aimer t'aimer ...

alice





monstre ( 20 JUIN 2010 ) x1  mes émotions Laëtitia le 17-06-2012 07:51:00  


JE NE TE SOUHAITE RIEN "Papa" n'existe plus Tu jouais avec moi au bain toujours et moi je croyais que c'était bien, tu m'accordais du temps, mais c'était pas pour moi c'était pour toi. C était trop dur pour moi je vomissais et toi tu continuais, tu te moquais de moi pourquoi tu n'as pas joué normalement avec moi à des jeux de petites filles, comme un vrai papa? dis moi pourquoi? dis moi aussi si c'est du fait que j'ai rien dit que tu as continué ? est ce que si j'avais dis "non laisse moi", tout ce serait arrêté et n'aurait pas empiré? peut être ne serais tu pas venu ? je sais très bien que tu te moques de moi, de ma souffrance jamais tu as été fier de moi pour quoique ce soit, pourtant je pouvais tout faire pour toi jusqu'à il y a quelques mois enfant je pouvais être la meilleure à l'école tu t'en fichais par contre, dés que je faisais mal tu savais me cogner, me faire mettre à genoux sur le goudron oui j'étais maladroite, je cassais beaucoup de verre mais est ce que ça méritait tout ça je voulais que tu m'aides à grandir, que tu me protèges aujourd'hui hui, j ai 32 ans et c comme si j'étais encore enfant j'arrive pas à dire " je suis un femme", ça sonne fau pour moi Dis moi pourquoi si vous ne vouliez pas de moi, vous ne m'avez pas abandonné ou tué car ma vie ne pouvait pas etre pire Pourquoi??? Ma tête est plein de questions Aujourd hui mes yeux s'ouvrent petit à petit, et c'est de plus en plus dur quand je vois ce que vous m'avez fait entre elle et toi, je me demande comment je suis vivante aujourd hui mais petit à petit je me debarasse de toi je veux plus avoir de lien avec toi parfois quand j'entends mon nom, ton nom, j'ai honte tu sais Aujourd hui, tu dois sortir de ma tête

je vous hais



monstre ( 21 JUIN 2012 ) x1  mes émotions Laëtitia le 17-06-2012 08:06:00  


"petit à petit je me debarasse de toi"

Aujourd hui tu n'existes plus pour moi,
tu es juste ce monstre qui mérite de souffrir et de te retrouver un jour face à tes actes...

La petite fille n'est plus seule aujourd hui
l'adulte va l'aider à crier et dénoncer tout le mal que tu lui as fait



monstre ( 21 JUIN 2012 ) x1  mes émotions Opale le 17-06-2012 09:50:00  


et tu vas y arriver ma puce j'en suis certaine  :-x  :-x





Je ne savais pas (07/10/2010) x2 Opale le 14-06-2012 20:33:00  


Aujourd'hui en 2012 je ne m'en sens plus coupable mais je veux informer.

"" Je ne savais pas qu'il existait l'enfer des sens, dans l'indécence, je ne savais pas qu'on pouvait torturer un corps en lui faisant subir le plaisir, je ne savais pas qu'on pouvait injecter une drogue en caressant un corps, je ne savais pas qu'un simple attouchement pouvait faire partir le corps dans le néant, je ne savais pas, je ne savais pas, que c'était un orgasme, je ne savais pas alors que poétiquement ça s'appelle la petite mort, je ne savais pas non, je ne savais pas que je partais vers un point de non retour, je ne savais pas qu'on peut tuer une âme en lui donnant du plaisir, je ne savais pas qu'un jour plus tard j'en crèverai de douleur d'avoir trouvé ça agréable, je ne savais pas que ça faisait si peur ce soi-disant plaisir, je ne savais pas l'horreur d'un voyage sans retour, je ne savais pas que les adultes s'offraient cet opium en cadeau, je ne savais pas non, je voudrais mourir d'avoir ressenti ça, je voudrais mourir de me souvenir de mon corps, me souvenir de l'enfer, me souvenir du faux paradis, me souvenir du 7ème ciel de la mort, me souvenir me souvenir de mes soupirs, me souvenir de ses questions, me souvenir de mes réponses...
Je voudrais m'arracher la peau, m'arracher le coeur, m'arracher chaque centimètre de moi qui a vécu la jouissance ignoble...

Je voudrais vomir ce plaisir insupportable, je voudrais vomir cette drogue dans les veines, je voudrais vider mon sang de la perversité qui a coulé en lui, je voudrais tout effacer, je voudrais détruire mon cerveau qui a été violé jusque dans sa production d'hormones. Je ne savais pas, je ne savais pas , que sous ses doigts j'allais mourir, je ne savais pas, que sous ses doigts j'allais gémir, je ne savais pas que désormais j'allais tellement le regretter, que désormais tout est gravé. Mal à mon corps, honte de mon corps, je ne peux pas accepter, ni me pardonner et je voudrais être une autre, un autre corps, pure, sans souillure, sans luxure, un corps armure qui ne sent rien, un corps à qui l'on ne fait pas du bien. Je ne savais pas qu'on en meurt de ce plaisir là."





Se sentir aimée (24/10/2004) x2 Opale le 14-06-2012 20:27:00  


Même si l'histoire se finit mal et que le prince charmant a quitté la princesse, j'ai envie de partager le joli conte de fées qui a éclairé ma vie pendant deux mois...qui m'a fait découvrir ce que c'est que d'être aimée...et respectée. Il était une fois...un site de petites annonces sur internet...une réponse, deux réponses, un sentiment positif...et quelques mails plus tard une première rencontre en ville, avec un charmant jeune homme. Le courant passe bien mais "c'est tout, moi un amoureux non!"... Deuxième rencontre...jolie journée, la nature, le calme, des rires, un partage de nos vies...le courant passe bien mais "mais non je veux pas d'amoureux!"...soirée resto, arrivée par hasard devant la cathédrale...et là le charmant jeune homme qui déclare passer de supers moments et qui...en arrive au baiser... Alors "non non j'veux pas d'amoureux", stop pas de baiser, c'est sale, ça fait peur, je le connais pas je l'aime pas je veux pas, du temps il faut du temps...si tu savais beau jeune homme , si tu savais... Troisième rencontre...jeune homme si respectueux, ne retente rien, superbe journée encore dans la nature, petit rapprochement léger, juste un peu dans les bras...c'est bien quand même mais "non non maman, je veux pas d'amoureux, je le vois juste comme ça"...

Quelques rencontres encore et de belles choses échangées... Nouveau passage devant la cathédrale, puis promenade nocturne...nuit enlacés sur un banc...on est bien, on est bien...finalement un amoureux peut-être hein...si bien...pas envie que tu retournes chez toi beau jeune homme... Quoi? Pourquoi je me sens si mal, qu'est-ce qu'on m'a fait? Je vais te le dire , allez je te le dis, je t'avoue, tu es là tu comprends, tu restes, c'est magnifique...on va gagner hein, rien n'est plus beau que l'amour... Quand tu n'es pas là tu me manques, je pense à t'embrasser, c'est sûr je vais oser...dès que tu fermeras les yeux beau jeune homme... Voilà, je te revois, ça y est je t'embrasse, je n'en reviens pas, moi j'ai envie de t'embrasser...tu es mon amoureux, c'est vrai, si si, j'ai un amoureux, je t'aime, je suis bien avec toi...

De rencontres en rencontres, ta main dans la mienne à chaque instant, oui je veux un amoureux, c'est si beau et si doux, vive l'amour... Et te voilà qui vient dormir chez moi...j'ai peur mon coeur, si peur, le passé m'assaille, peur de m'allonger près de toi que j'aime, putain de passé...mais tu es là, tu comprends tu me rassures, tu me répètes "c'est moi, regarde-moi" ... J'ai gagné beau jeune homme, je suis près de toi, on dort l'un près de l'autre tu me tiens la main, c'est beau, malgré la peur, c'est si doux, le matin arrive, ma peur s'envole, je suis bien tu es là, je peux t'embrasser, j'ai le droit , ça peut pas être sale tu es mon amoureux... Encore les peurs, pas de french kiss beau jeune homme, ça y est j'ai plongé, ça y est j'ai peur, s'il te plaît ça m'effraie cette effraction du baiser...mais tu es là tu comprends, on s'écrit on en parle... Et notre rencontre suivante m'apprendra qu'un french kiss n'est pas une intrusion, c'est un partage , c'est beau, c'est plein d'amour, c'est passionné...j'aime t'embrasser beau jeune homme, je n'ai plus honte...

Tu dors souvent à la maison mon amour, tu apprivoises mes peurs, tu apprivoises mon corps et je découvre encore...tes mains qui m'aiment et me respectent, c'est une révélation mon amour, ces gestes qui ressemblent à ceux qui m'ont détruit, ces gestes ne font pas mal, ils sont doux, ils m'enveloppent de tendresse, tu m'aimes, mon corps fait partie de moi, tu aimes aussi mon corps et tu le respectes...on partage, on échange, je n'ai pas peur, pas honte d'aimer ta peau contre la mienne mon amour...si tu savais comme c'est beau ce que je découvre... Je me sens aimée, tu es si tendre, si attentionné, si doux, tu me prends la main, tu arrives derrière moi tu m'enlaces et m'embrasse, je n'ai plus peur plus honte, on ne peut pas avoir honte d'une si belle chose, je t'aime.

Les choses se sont compliquées beau jeune homme...tes problèmes, les miens...tu as pris peur, tu es parti, c'est fini... Il finit mal mon conte de fées mon amour, le prince charmant a disparu de l'histoire et la princesse pleure... Mais il y a un trésor dans ce conte...ce que tu m'as offert et qui reste gravé...se sentir aimée, dans le coeur, dans le corps... Aujourd'hui Bruno, mon amour...je pense à toi, je vois ton sourire. Moi qui avait si peur d'un baiser...je me prends à avoir envie de t'embrasser, te retrouver et échanger un tendre baiser passionné et rempli de mes sentiments pour toi... Peut-être as-tu croisé ma route pour m'offrir ce cadeau... C'était si court ce bonheur, mais c'était magnifique...





Mail à envoyer à tous (12/02/2006) x2 Opale le 14-06-2012 20:21:00  


Si vous le souhaitez vous pouvez utiliser ce message et le transmettre à tout votre carnet d'adresses afin qu'eux-mêmes l'envoient à d'autres et à d'autres...

"Bonjour à toutes et tous Si vous recevez cet e-mail , c'est que j'ai estimé que vous étiez sensible et que vous pourriez si vous le souhaitez m'aider à sensibiliser d'autres personnes. Cet e-mail va parler du problème de l'inceste, de ses conséquences. Si cela vous gêne, vous dérange, vous pouvez évidemment de suite supprimer ce message sans le lire.

A l'heure où Outreau fait la une des journeaux, des télévisions, de tous les médias, chacun semble oublier que l'injustice n'est pas à sens unique. On ne parle plus que des accusés à tort. On ne parle plus des enfants qui ont été réellement abusés, car il ne faut pas oublier que des coupables ont avoué et sont restés en prison, et que donc les enfants ont bien subi divers sévices sexuels.
Pour la grande majorité d'entre vous, vous savez que j'ai vécu moi aussi l'inceste ( pour qu'il n'y ait pas confusion chez ceux à qui vous transmettrez ce mail, je leur signale qu'il a été rédigé par moi, Opale.) . Je fréquente un forum d'aide pour victimes d'inceste et ce que je peux y lire régulièrement est édifiant. Je suis effarée de voir à quel point la majorité des gens ignore totalement les conséquences laissées par l'inceste. On parle souvent de "survivants de l'inceste". Ce terme peut faire penser aux survivants de l'Holocauste et vous paraître un terme trop fort. Et pourtant...Pourtant lorsque l'on subit ces abus, on voit la mort en face, l'agresseur par ses actes met la mort en nous, il tente de détruire l'âme de sa victime, il la réduit à l'état d'objet, faisant voler sa vie en éclats.

Ce ne sont pas que des mots. Les victimes absorbent la honte et la culpabilité qui devraient appartenir à leur agresseur...elles se mettent à se détester, à se considérer comme des moins que rien. Alors elles se taisent, pour ne pas briser leur famille, de peur aussi de ne pas être crues, de peur d'"avouer" ce qu'elles croient avoir cherché et qui pourtant les fait tant souffrir. Les conséquences, les séquelles sont nombreuses, et malheureusement le "grand public" l'ignore.
Nombre de personnes pensent qu'il suffit d'oublier, tourner la page, que c'est certes horrible mais qu'avec un peu de volonté on peut mettre tout cela aux oubliettes. Mais il faut ouvrir les yeux et rencontrer , entendre ces femmes et ces hommes qui parfois se droguent, s'auto-mutilent, souffrent d'anorexie , de boulimie, ont des nuits peuplées de cauchemars, une estime d'eux-mêmes inexistante. Ils et elles se battent chaque jour contre une souffrance que peu imaginent.
Il faut se battre pour avoir une vie amoureuse normale, se battre pour avoir une vie sociale normale malgré les phobies, les peurs d'abandon, les peurs d'agressions, l'absence de confiance en soi. Il faut avoir la force d'aller travailler malgré les flashs, les images récurrentes, les insomnies. Et sourire encore quand les autres pensent que l'on a tout pour être heureux. La souffrance des autres dérange, fait peur.




Mail à envoyer à tous 2 (12/02/2006) x2 Opale le 14-06-2012 20:21:00  


Je n'invente rien en disant que divers ouvrages de psychologie assimilent les séquelles de l'inceste aux séquelles des victimes de torture. Cela fait peur car cela peut arriver à chacun, à vos enfants, vos amis, vos voisins. Cela fait peur mais cela existe et il n'est pas acceptable de fermer les yeux. A l'heure actuelle, dans les victimes que je côtoie, plusieurs qui ont porté plainte se retrouvent avec des dossiers classés sans suite. Mais qui parlent de ces victimes qui enchaînent les tentatives de suicide, qui souffrent, qui luttent, qui ont eu le courage de dire leur calvaire à la justice et qui sont renvoyées au silence soit pour cause de prescription, soit pour manque de preuves? Qui peut imaginer que l'une d'elle, abusée de 3 à 28 ans, handicapée moteur depuis toujours, ait eu un classement sans suite après 5 ans d'enquête?. Comment nier l'évidence de sa souffrance?
La justice réclame des preuves, des témoignages, mais comment les apporter alors que beaucoup de victimes ne peuvent parler de leur calvaire que beaucoup plus tard, ayant parfois tout oublié pendant longtemps à cause du trauma, ou se sentant si coupable qu'elles ne peuvent rien dire. Quand elles trouvent la force de le faire, évidemment il n'y a aucune trace physique des viols (et de toute façon forcément les traces pour attouchements n'existent pas) , pas de témoignage puisque le propre de l'inceste est d'être un crime "à domicile".

Mais en plus de tout cela, des lois ont décidé que au bout d'un certain nombre d'années les victimes ne pouvaient plus porter plainte. Par exemple une personne de 32 ans ayant été abusée jusqu'à ses 10 ans et ne parvenant à parler que maintenant sera renvoyée au silence et à la souffrance. Car sa souffrance , elle , ne connaît pas la prescription, les cauchemars, les mutilations, la dépression ne s'arrêtent pas à la date de la prescription. Diverses pétitions circulent sur internet contre la prescription, n'hésitez pas à les signer. Mais surtout, maintenant que vous avez eu la gentillesse de lire ce message jusqu'à la fin, ne refermez pas les yeux, au contraire, je vous demande de transmettre ce message à votre carnet d'adresses, pour qu'eux-mêmes l'envoient à d'autres et ainsi de suite.

Tout ceci est une réalité, pas un monde à part. Ces victimes vous les croisez chaque jour, une(ou un) amie, une voisine, une collègue, les soeurs, les frères, les cousins etc...vous pouvez n'avoir pas vu leur souffrance. Maintenant vous savez, cela existe alors il est temps de se battre contre ça, ce n'est pas une fatalité. Les victimes d'inceste (et d'abus sexuels en général) peuvent s'en sortir , se reconstruire, mais elles ont besoin d'être reconnues. Il faut savoir que beaucoup d'entre elles sont rejetées par leur famille. Fermer les yeux sur ce qui fait peur ne l'éloignera jamais, ne nous fera pas y échapper. Alors si vous êtes sensibles à mon message, un petit geste sera déjà énorme: transmettre ce mail, informer les autres et ne plus laisser dire des inepties , ne plus laisser croire que les victimes sont folles. Elle sont simplement "folles de douleur", ce qui est bien différent. Merci d'avoir lu ce mail. "





Tabou (11/07/2003) x1 Opale le 12-06-2012 21:46:00  


A vous qui venez lire ces quelques lignes... Peut-être n'êtes vous pas victimes, mais peut-être rechercher vous à mieux connaître le sujet , qui sait peut-être pour aider un proche, un ami en souffrance... Si l'on vous parle de viol et d'inceste, à quoi pensez-vous? A des enfants battus , violés, souffrant sous les coups d'être pervers... Oui c'est vrai, c'est une réalité...mais... Mais si ce proche , cet ami que peut-être vous voulez aider vous dit qu'il a été abusé sans violence, et vous dit dévoré par la honte...qu'il a ressenti des choses, des réactions dans son corps, des sensations dites "agréables" (n'oubliez pas les guillemets!) alors que penserez-vous??? Sujet tabou...sujet qui enferme certaines victimes à tout jamais dans le silence, parce que "le monde" ne veut pas voir que les enfants et ados abusés sont des êtres au corps vivant, subissant malgré lui les réactions d'un corps perdu...

Parce que probablement beaucoup de gens ne souhaitent pas voir, pas comprendre, parce que ça choque, c'est contraire à ce que l'on veut croire... Oui mais nous...on devient quoi si vous gardez ce tabou? Essayez de comprendre, essayez...réfléchissez avec le coeur, ça sera facile... Imaginez vous dans une pièce avec une autre personne...imaginez que cette personne possède une télécommande...imaginez que lorsque cette personne appuie sur cette télécommande, elle peut contrôler vos mouvements... Vous voulez croiser les bras...mais NON, cette personne DECIDE que vous lèverez les bras en l'air...et c'est ainsi puisque vous ne pouvez rien faire, votre volonté n'y peut rien, c'est fini vous êtes son pantin... Fin de l'histoire, fin du cauchemar... Alors surtout ne jugez pas, ne dites pas que vous ne saviez pas, aidez, comprenez, admettez que ça peut arrivé et que c'est en train de nous dévorer... Et si vous êtes convaincu, expliquez à d'autres et encore à d'autres, pour que cela se brise, pour que cela fasse partie des informations que tout un chacun connaîtra sur les abus sexuels. La violence existe, mais le reste aussi... Opale



17/09/2009 x3 Opale le 12-06-2012 21:47:00  


...je voudrais tant qu'il ne soit plus tabou ce tabou...je voudrais tant que les victimes qui ont ressenti des choses puissent le dire , je voudrais tant que ça devienne pour les gens extérieurs une des "composantes" de l'inceste comme la violence physique...si ça devenait quelque chose de "normal" pour le grand public alors au moins les victimes se sentiraient peut-être moins des salopes, elles verraient peut-être plus facilement qu'elles ont été agressées... Je sais que je parle beaucoup de ça, c'est d'ailleurs la première chose avec laquelle je suis arrivée sur le forum...mais moi ce tabou ça me bouffe, ça m'enchaîne, ça m'enferme dans une prison... C'est impossible de se voir victime quand un type qui ne vous demande rien en échange vous "offre" des sensations apparemment agréables pour le corps... C'est la prison, il détient la clé dans ses mains... Dans ma tête à l'époque je l'aurais presque "plaint" puisque lui il me donnait quelque chose et que moi je ne faisais rien...je me disais que je devais le remercier...comment on peut raisonner comme ça!!!! Ces putains de sensations me bandent les yeux...je ne vois pas le mal dans ce qu'il a fait, je ne vois pas le plaisir qu'il a pu en retirer...je vois juste un type restant habillé et disant que ce qu'il faisait c'est un cours, il me montre, il voit que mon corps réagit alors il continue pour me "faire plaisir", il m'apporte même un verre d'eau à la fin...

Et je dois le voir comme un agresseur...mais COMMENT? COMMENT? Je suis enchaînée... Faut qu'on libère ce tabou, il le faut pour les autres, pour les plus jeunes, pour les futures malheureuses victimes... Moi j'en ai vu des émissions, j'ai lu des livres mais jamais personne ne parlait de ça, tout le monde parlait de coups, de menaces verbales...alors moi ben je me disais que non seulement j'étais pas agressée mais qu'en plus j'étais vraiment une salope d'accepter ce qui torturait ces pauvres filles... Je sais ou je suppose que c'est pas la majorité des victimes qui ressentent des choses...je ne minimise pas du tout les abus avec violences physiques et menaces et chantage, mais je veux qu'on brise le tabou, avec toutes celles qui peuvent, qui ont vécu ça, qui peut-être nous lisent en silence là... Faut briser les chaînes... Bisous Opale



oups c 2003 x1 Opale le 12-06-2012 21:47:00  


2003........



17/09/2009 x2 Mowgli le 15-04-2013 22:55:00  


Ouaip, ben t'es pas la seule Miss Opale.
C'est le corps qui réagit.
Toute stimulation des muqueuses sexuelles procure du plaisir pour peu qu'il n'y ait pas violence ou déjà un gros rejet par la victime.
On prenant ce plaisir on évite de la perdre à tout jamais. Cependant il se peut qu'il se trouve alors associé à une situation abusive ou au fantasme d'une situation abusive.
C'est le cas pour moi. (et au bout de 30 ans je n'ai pas trouvé de méthode qui marche pour m'en défaire. seule l'acceptation fonctionne  :-z )
J'abuse de personne (je te rassure), mais l'exercice de ma sexualité me renvoie forcément mentalement à quelque chose de l'ordre de l'abus.
Je ne suis pas non plus un salaud pour autant.
Mais quand j'ai raconté çà dans certains milieux (pas à mon psy, lui il a compris) on m'a pris pour un monstre et je me suis fait chasser au fusil de chasse (une image).
Alors oui je te comprend et je te trouve super courageuse de le dire.
Tu n'as pas à culpabiliser du plaisir que tu as eu. C'est physiologique. Les abuseurs le savent.
A SIA (dont je suis) on dit ".. plus l'abus a été insidieux et plus la victime en porte injustement la culpabilité.."
C'est tellement facile pour l'abuseur de dire après "Tu vois comme tu aimais çà" et le tour est joué.
Yen a d'autres des tabous sur l'inceste qui sont dur à entendre pour les oreilles qui ne veulent pas écouter, mais celui dont tu parles en est un, en effet.
Personne, je dis bien personne, n'a le droit de te juger.





Mon histoire1(14/03/2003) x1 Opale le 12-06-2012 21:41:00  


14 mars 2003...je vivais encore avec lui..

" Merci à vous d'être là... En fait , je dis que j'étais plus vraiment une enfant parce que à l'époque j'étais en tout cas pour certains points très mûre...d'ailleurs avec une très bonne amie à moi que je connais depuis mes 13 ans on se dit souvent qu'on a pas vraiment changé...c'est la souffrance qui nous faisait grandir trop vite...la mort de mon père , de mon frère, et puis mon beau-père qui buvait et n'avait pas l'alcool facile... J'ai ma nièce qui a justement 13 ans et c'est vrai que je la vois moitié ado moitié enfant...encore très influençable...donc je l'étais sûrement aussi... Line, non bien sûr je ne désirais pas ces contacts, tout comme toi...j'aurais juste voulu des câlins, mais des câlins normaux, gentils... Quand mon père est mort,sa tendresse est partie avec lui et avec mes souvenirs car le choc a effacé mes souvenirs avec mon père et mon frère de ma mémoire... Trois mois avant mon frère était mort, et ma mère est devenue moins câline, la douleur de perdre son fils lui a fait un peu s'endurcir, tout en étant une mère qui adore ses enfants bien sûr... Alors dans tout ça j'avais et j'ai toujours un immense besoin de tendresse...c'est même trop parce que dès que je vois que quelqu'un m'aime bien, je passerais bien tout mon temps avec cette personne, mais forcément les gens ne peuvent donner toute leur tendresse rien que pour moi...ça m'a posé des problèmes avec ma meilleure amie (québecoise comme toi) et elle veut garder une certaine distance maintenant...je lui écrivais tout le temps puisqu'on est séparé par l'Atlantique...bref...




Mon histoire2 (14/03/2003) x1 Opale le 12-06-2012 21:42:00  


Tu sais Noëlle, je me souviens de la première fois où il a mis ses mains sur moi...je ne sais plus bien mais je crois qu'il était malade et que c'est pour ça que pour être gentille je lui ai apporté un café dans sa chambre (mais je savais qu'il était habillé hein)...je me suis penchée pour lui dire bonjour...et il a touché ma poitrine...:-( Je ne comprenais pas, je ne m'attendais pas du tout à ça de lui...combien de fois j'ai entendu ma mère dire "au moins avec lui j'ai confiance, je peux le laisser garder ma fille la nuit" (elle travaillait la nuit)...et je savais que c'était vrai puisque pendant toutes les nuits blanches que je supportais quand il buvait il ne me touchait jamais...d'ailleurs il n'a jamais rien fait en ayant bu... Bref je ne m'attendais pas du tout à ce geste...je n'ai pas bougé...je crois que ça a pas duré longtemps...je sais que j'ai eu peur que ma mère arrive(j'aurais du vouloir qu'elle arrive!!!!!!!), elle dormait dans une autre chambre car elle avait bossé la nuit précédente... Je n'ai rien dit à mon beau-père sur ce geste...mais pour après Noëlle, je me souviens plus comment c'en est arrivé à ce qu'il me caresse et ce qu'il aille...plus bas... C'est pas juste tout ça...:-(( Après je sais que quand il me disait "on va dans la chambre", j'y allais...me déshabiller...je le faisais... C'était toujours pareil au début...c'était le soir quand ma mère était partie travailler, il n'y avait évidemment aucune raison pour qu'elle revienne du travail d'un coup, mais j'avais toujours peur qu'elle arrive et qu'elle me voit là avec lui...je croyais toujours entendre la porte,j'avais peur des conséquences, il y avait déjà tellement de disputes entre eux...j'avais peur surtout de la peine qu'elle aurait de découvrir ça... En plus, ils ont toujours fait chambre à part...et très souvent ils se disputaient la nuit quand lui avait bu, elle lui disait qu'il ne lui donnait pas d'amour, de tendresse, rien, et c'est vrai...leur histoire est tordue, elle a toujours espérer qu'il change mais ça n'est jamais arrivé (sauf qu'il ne boit plus quasiment)... Alors quand il me touchait, je me sentais encore plus coupable parce que je savais bien que ce n'est pas à moi qu'il aurait du faire ça...j'avais l'impression de voler ça à ma mère...

Parfois je voyais des émissions sur les agressions, et je me disais que c'était pas comme moi puisque il n'était pas violent... Et surtout tu vois, je savais qu'en général les agresseurs obligeaient aussi leurs victimes à les toucher eux, pour leur propre plaisir à eux...et moi quand il me touchait il ne me demandait rien du tout,lui restait habillé...du coup en faisant ça, en me touchant moi mais sans me demander de le toucher lui, c'était comme si il faisait ça rien que POUR MOI , pour ME faire plaisir... Ca fait si mal Noëlle... Je savais que c'était pas des câlins normaux, je savais que c'était sexuel...et parfois j'arrivais timidement à lui dire que ce qui se passait c'était pas bien...mais il me disait que c'était juste comme un "cours" (!!!!!) qu'il me donnait...comme une initiation...il essayait parfois des choses...mais ça faisait mal, je voulais pas...il me disait que je devais être détendue...et moi j'attendais qu'il arrête... Le pire, ce qui vraiment me fait sentir le plus coupable c'est que tu vois, il me caressait partout...et parfois quand il voyait que je n'avais plus le contrôle , il me disait "ça va?", et il me disait "tu veux que j'arrête?"...Merde, j'avais l'occasion rêvée de lui dire "oui arrête" et je ne le faisais pas!!!!!!!!!! Comment je peux croire après que c'est pas de ma faute... Enfin parfois quand même quand j'arrive à être un peu objective, je me dis que c'était particulièrement sadique de sa part de me demander ça dans un moment où lui savait avec son expérience que je ne contrôlais plus...mais c'est pas souvent que je suis objective...90% du temps c'est à moi que j'en veux....




Mon histoire 3 (14/03/2003) x1 Opale le 12-06-2012 21:42:00  


C'est un type extrêmement imbus de lui même et prétentieux, et je crois que là-dedans ce qu'il retirait c'était justement le fait de faire ce qu'il voulait de moi, de me faire perdre le contrôle (peut-être pour ça que je contrôle tout le temps mes émotions)... En tout cas s'il voulait que je me sente coupable, il a encore réussi.... Cette nuit j'ai rêvé que je l'avais dit à ma mère, il ne se passait pas grand chose (ça serait pas ça en réalité,il serait transformé en rondelles!)...et lui savait que je l'avais dit et faisait des remarques...je voyais dans son regard(à lui) que c'était moi la s..... qui n'avait pas dit non et venait se plaindre maintenant... Dans la réalité quand il buvait,j'en avais peur, il était violent verbalement et sur les objets, une fois il avait un couteau et il coupait des feuilles des plantes vertes... des fois il devenait vulgaire, parlait de sexe...et là je mourrais de peur qu'il ne dise à ma mère ce qu'il faisait avec moi...dès que je sentais que la "conversation" dérapait j'essayais de mettre un autre sujet...

Je me sens prisonnière, je voudrais pouvoir hurler, pleurer...je voudrais qu'on me prenne dans les bras et qu'on me protège...alors tout ce mélange et mon père me manque encore plus...je ne sais pas s'il existe un "après la mort" mais s'il me voit...s'il m'a vu sous les mains de mon beau-père...je me demande ce qu'il doit penser... J'aurais voulu qu'il soit fier de sa fille... Je sais pas à qui parler (pas écrire mais parler), un psy c'est sûrement bien mais un psy ne me prendra pas dans ses bras si je pleure et j'ai tellement besoin de ça... J'écris tout ça depuis tout à l'heure en essayant de pas trop ressentir...en même temps je parle à ma mère qui est dans la pièce à côté...je dis des banalités tout en écrivant des choses qui me font si mal...elle n'imagine pas une seconde pendant que je déconne avec elle que je suis en train de me battre avec mes sentiments... Merci à vous d'être vous Opale"



Mon histoire 3 (14/03/2003) Opale le 14-06-2012 20:15:00  


Tu vois, comme quoi on évolue  ;-)
A l'époque je vivais encore avec lui et j'avais parlé pour la première fois sur le forum de nantes depuis 2 mois...
Et c'était hors de question une thérapie ou en parler à ma mère et évidemment encore moins porter plainte...

 :-*  :-*





confrontation 1 x1 Opale le 08-06-2012 09:29:00  


Le jour tant attendu est arrivé...au pire moment.
Depuis 16 mois que j'attendais, j'avais eu le temps de leur dire que du 25 mai au 25 juin, les amis pouvant m'accompagner étaient absents. C'était le plus important pour moi , que l'ami qui m'avait accompagnée et soutenue lors de la plainte soit là, à la sortie, que je puisse me réfugier dans ses bras et passer une nuit ou deux chez lui et sa femme.
Mais non...pile 3 jours après leur départ on m'appelle. Pas du jour au lendemain comme je le craignais , non, du jour au jour...
Je suis sortie de chez ma psy à 11h30 après une séance difficile, j'ai passé plus d'un quart d'heure dans le hall pour récupérer puis j'ai pris le bus de midi. J'ai alors allumé mon portable et écouté la messagerie : message du commissariat, rappelez nous d'urgence il faudrait venir cet après-midi en confrontation !
Il y a eu alors le seul moment de chance de ces 16 derniers mois, le bus s'apprêtait juste à partir et j'ai vite demandé à redescendre, pour retourner frapper à la porte de ma psy style &quot;au secouuuurs&quot;.

Comme elle était en rdv il a fallu attendre une bonne demi-heure et pendant ce temps j'ai rappelé les flics, qui auraient aimé que je sois là-bas à 15h...Bah tiens, sachant que j'habite à 1h de route et que je n'ai pas le permis.
Après son rdv ma psy m'a laissé utiliser son PC pour retrouver le portable d'un ami dans un mail, regarder les horaires de car. J'ai appelé cet ami devant elle mais il ne pouvait pas se libérer, ce qui est bien normal quand on est prévenu si tard, puis j'ai rappelé le flic pour négocier de venir pour 18h30 vu les horaires de cars.
Quelques mots d'encouragements de ma psy et je suis repartie avec l'impression d'être dans un cauchemar, que ce n'était pas réel, que ça allait s'arrêter.
En arrivant chez moi, j'ai tout de même oser demander à un voisin adorable , un vieux monsieur ancien amiénois, s'il pouvait juste m'emmener à la gare routière de Beauvais car pas la force d'y aller à pieds. Il m'a proposé bien mieux, m'emmener à Amiens, malgré la compagnie de sa femme pas facile à gérer avec un bon début d'Alzheimer.
Il a ensuite fallu rentrer, appeler le numéro que le flic m'avait donné pour avoir une avocate de permanence, numéro qui n'était pas le bon...j'ai donc finalement eu 3 numéros à faire avant de tomber sur une avocate qui m'accompagnerait le soir même.

16h30 départ pour Amiens, début d'effondrement dansla voiture quand on commençait à arriver là-bas.
Mon voisin m'a déposée et je suis rentrée seule car on était pile à l'heure et qu'il fallait faire vite, j'ai donc aussitôt vu l'avocate, très gentille et le flic que je n'avais encore jamais vu (puisque le sale con qui m'a reçue lors de la plainte n'était plus là peu après ma plainte)
Ils m'ont expliqué ce qui allait se passer, la configuration du bureau.
1 bureau avec le flic derrière son PC, mon agresseur en face sur une chaise, et un autre bureau perpendiculaire avec deux places. Je pouvais choisir d'être à gauche et donc de le voir où d'être à droite cachée par l'écran d'ordinateur.
J'ai voulu le voir, donc je me suis mise à gauche.

Pendant ce temps le flic est allé chercher Stéphan (mon agresseur donc) et l'angoisse montait très fort, une panique énorme quand je l'ai vu rentrer dans la salle.
Je lui ai vu un regard méchant et froid dont je ne me souvenais pas autant, j'ai eu très peur. Il m'a regardée comme s'il était surpris, l'espace d'un instant j'ai cru qu'il allait dire qu'il ne me connaissait pas.
Il s'est assis, j'étais terrifiée car il n'y avait qu'un flic, que celui-ci devait taper à l'ordi et que je me demandais s'il aurait le temps de réagir au cas où Stéphan bougerait.
Le flic nous a expliqué qu'il allait commencer par me poser des questions, puis ensuite que ça serait au tour de Stéphan, qu'on ne devait pas se parler sauf s'il nous y autorisait.



confrontation 2 x1 Opale le 08-06-2012 09:30:00  


Il a donc commencé très simplement par demander "Mlle , maintenez-vous vos déclarations ? " Evidemment oui.
Avec le PV de mon dépôt de plainte, il a repris des détails et m'a posé des questions sur des faits précis, devoir tenter d'évaluer notamment les faits de viols, la fréquence, alors que le traumatisme a fait que je ne sais pas combien de temps ces actes là ont duré.
Pour tout le reste par contre ce n'était hélas pas difficile, il a abusé de moi tous les jours.
Je ne sais pas comment le flic m'entendait, je ne parlais pas fort, ma voix tremblait mais il a donc tout noté, m'a demandé pourquoi je n'avais pas pu en parler même en grandissant, même vers 16/17 ans quand ça se passait encore, j'ai donc parlé de la honte, de la culpabilité etc...
Il m'a posé d'autres questions, entre deux, j'avais demandé finalement à l'avocate de changer de place avec elle, je ne supportais pas de le voir mais surtout j'avais besoin qu'elle soit entre lui et moi, j'avais peur qu'il se lève, donc je me suis retrouvée derrière l'écran d'ordinateur.
Il m'a ensuite expliqué comme il a dit que "monsieur n'a pas souvenance de ces faits, il ne se rappelle pas s'il s'est passé quelque chose de nature sexuelle entre vous, qu'avez-vous à dire là-dessus ?" , j'ai répondu que moi j'aurais bien aimé avoir oublié et que j'étais sûre qu'il ne pouvait pas avoir oublié.

Ca a donc été son tour, il lui a reparlé du fait qu'il ne se souvenait soi-disant pas (ce qu'il avait déclaré lors de ses deux auditions de garde à vue)
Et là ça a été terrible de réentendre cette voix que j'avais occultée , jusque là il n'avait pas dit un mot mais là je le retrouvais tel que je l'avais quitté, avec cette aplomb, cette suffisance, cette perversité.
Il a continué de dire qu'il ne se rappelait pas, il a dit au flic "ça fait 19 jours que j'ai eu ma convocation, depuis je cherchais ce que me valait une telle invitation, si j'avais su que c'était ce genre de choses, je n'aurais peut-être pas mis autant d'entrain à venir" , hallucinant.
C'est devenu très dur pour moi d'entendre à quel point il se foutait du monde, à quel point comme je m'en étais douté il n'avait pas peur.
Pendant quelques secondes je me suis demandée si j'étais folle , si j'avais inventé.
Plus je l'entendais et plus je m'effondrais en larmes à côté de l'avocate.
Le coup de grâce a été cette phrase qui me hante depuis hier, tant elle lui ressemble, tant elle me remet dans sa façon de parler, de penser.
Le flic lui a redit que je déclarais donc qu'il avait abusé de moi tous les jours, et il a répondu , toujours qu'il ne se souvenait pas, mais que cette fréquence l'étonnerait car "il n'est pas gourmand de nature " . Phrase abjecte, immonde, en entendant ça j'ai cru crever de douleur.
Bref il a continué ainsi, disant que de toute façon il ne savait même plus s'il regardait la télé le soir ou écoutait la radio...ce à quoi j'ai eu envie (mais je me suis retenue, ne devant pas m'adresser à lui) de lui hurler "sale con tu passais des nuits ivre mort à écouter de la musique militaire, à m'empêcher d'aller dormir"




confrontation 3 x1 Opale le 08-06-2012 09:31:00  


Il niait presque même boire autant, il parle de "quelques écarts"...je n'en revenais pas, moi qui l'ai supporté tant de nuits où il pissait par terre, renversait son verre, cassait des choses, gueulait dans la maison, moi qui ai passé des tas de nuits blanches , allant le lendemain à l'école sans avoir dormi.
Il était arrogant avec le flic, lui disant qu'il n'allait pas inventer des choses pour leur faire plaisir et d'autres formules du même genre.
Malgré ça et c'est ce qui d'après le flic peut l'enfoncer, quand on lui a demandé si je mentais, si j'étais une menteuse il disait "je ne vois pas pour quelle raison elle mentirait mais moi je ne vais pas dire des choses dont je ne me souviens pas"
Le flic a beaucoup insisté en disant "donc vous ne dites pas qu'il ne s'est rien passé, vous ne dites pas qu'il s'est passé quelque chose, vous dites que vous ne savez pas"
Le flic était bien énervé par son comportement, il lui a rappelé que les abus se passaient uniquement quand il était sobre et donc en pleine possession de ses moyens et que du coup il n'avait même pas l'excuse de l'alcool pour ne pas se souvenir..
A la fin il lui a demandé ce qu'il avait à rajouter, je ne sais plus ce qu'il a dit.
Il m'a demandé la même chose et du coup je suis sortie de derrière l'écran pour le regarder, j'ai dit "je veux le regarder, lui dire que je n'ai pas oublié ce qu'il a fait, qu'il n'a pas oublié non plus et que j'espère qu'il n'oubliera pas de ne pas recommencer sur d'autres" . J'aurais pu parler à un mur c'était pareil il n'a pas bougé, ne m'a pas regardé.
A la fin mon avocate de permanence (lui n'en avait pas il a refusé) a fait ses observations qui seront ajoutées au dossier, en notant que les faits étaient anciens mais circonstanciés , criminels et non prescrits, que je n'avais pas pu parler à cause de beaucoup de culpabilité, que l'on voyait que j'ai encore très peur de lui et qu'une emprise avait été à l'origine de mon silence, que la confrontation avait été pour moi très dure émotionnellement et elle a repris ses termes à lui quand il a dit "je ne vois pas pourquoi elle aurait menti" en précisant qu'elle estimant qu'en gros il disait que les faits étaient avérés.

Le flic a bouclé le PV et Stéphan a voulu rajouter un truc, il s'est fait rembarrer puis le flic l'a laissé parler, il a réagi sur l'histoire d'emprise, en disant que c'est pas son genre de s'imposer, en disant que quand il avait passé son CAP (va comprendre Charles ???) il était resté devant la porte du lycée et en disant "est-ce que ça c'est quelqu'un qui s'impose ? " Idem j'étais effondrée et consternée d'entendre ça quand je sais les 20 ans de règne, de pouvoir, de terreur qu'il nous a fait subir.
Cerise sur le gâteau ...il a osé demander au flic, si, au cas où il se souviendrait de quelque chose, il pouvait le contacter , genre le flic est à sa botte, un truc de dingue aussi ça !
Ca s'est terminé là-dessus, ça a duré plus d'1h15 , le flic l'a remmené pour la fin de sa garde à vue et quand il est revenu je voyais qu'il hallucinait et il disait à l'avocate que vu le comportement et les déclarations, à son avis il y avait 99% de chance qu'il soit déféré au Parquet, pour éventuelle détention provisoire et poursuite si j'ai bien compris...
Voilà, pour le moment il faut digérer tout cela , je suis contente de lui avoir dit ce que j'avais prévu de lui dire, mais la peur est encore très forte, j'ai eu si peur tout le long, dès qu'il bougeait vaguement, que c'est très dur à calmer là, puis je retrouve ses mots, son langage pervers, c'est effrayant, il est vraiment glaçant ce type.

Suite : finalement et contrairement à ce que pensait le policier, il a été libéré après sa garde à vue, c'est donc maintenant au Procureur de décider s'il poursuit ou non.
En attendant il peut se ballader toujours aussi tranquillement, toujours à 5 mn à pieds de chez ma mère..




confrontation 3 Mowgli le 16-04-2013 22:59:00  


N'empêche qu'il n'a pas eu la force de te regarder quand tu lui as dit que tu n'oubliais pas pas, toi.
Sur ce coup là tu as été plus forte que lui, et devant témoin assermenté.



confrontation 1 laurette le 25-05-2013 12:52:00  


Ton histoire ressemble étrangement à la mienne .... sauf que nous (moi et ma petite sœur) on nous a pas donné raison... Notre "géniteur" à toujours été un excellant manipulateur. Pour les faits de violence le flic à dit que j’exagérai les faits que c'était normal qu'un père réprimande ses enfants et pour les viols ils ne m'ont pas cru, ils voulaient des preuves  :-&
Heureusement que notre avocate a fais pression pour qu'ils ne puissent plus nous approcher et pour placer ma sœur dans de la famille loin de lui.
En attendant il est là dehors, libre, ...
Je vais mieux maintenant ma honte, son emprise, ect... tout ça je l'ai transformer, maintenant c'est de la haine, de la pitié , c'est lui qui est une sous merde et non moi !!!
Je ne pense pas qu'on puisse entièrement se débarrasser de ses démons, notre passé fais ce que nous sommes. Ils faut en faire sa force! retourner la situation.
Maintenant je ne lutte plus contre mes souvenirs, je m'en sert pour me sentir forte.
Tout ce que tu as vécu personne, je dis bien PERSONNE ne devrai le vivre. Et celui qui ta fais ça, comme celui qui nous a fais ça ne mérite pas la peur.
être capable de faire des choses comme ça c'est facile pour certain mais ce battre après avoir endurer tout ça et tout faire pour continuer de vivre ça c'est dur !!!!!
Alors oui tu vaut 100000 fois mieux que lui ! tu es forte ! j'espère que le tien terminera derrière les barreaux.
Je te souhaite une belle vie et plein de bonheur ! tu as tout mon soutiens.  :-x  :-x  :-x  :-x



confrontation 1 Opale le 25-05-2013 13:20:00  


Merci laurette..
J'avoue que je doute qu'il prenne de la taule, sa défense reste le "je me souviens pas" il ne laisse aucun élément pour le coincer...puis ben aucune preuve évidemment...


J'espère un jour avoir ton parcours...
Pour le moment je ne vois aucun mieux être depuis 10 ans que je travaille sur tout cela..

 :-*






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