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confrontation 2 x1 Opale le 08-06-2012 09:30:00  


Il a donc commencé très simplement par demander "Mlle , maintenez-vous vos déclarations ? " Evidemment oui.
Avec le PV de mon dépôt de plainte, il a repris des détails et m'a posé des questions sur des faits précis, devoir tenter d'évaluer notamment les faits de viols, la fréquence, alors que le traumatisme a fait que je ne sais pas combien de temps ces actes là ont duré.
Pour tout le reste par contre ce n'était hélas pas difficile, il a abusé de moi tous les jours.
Je ne sais pas comment le flic m'entendait, je ne parlais pas fort, ma voix tremblait mais il a donc tout noté, m'a demandé pourquoi je n'avais pas pu en parler même en grandissant, même vers 16/17 ans quand ça se passait encore, j'ai donc parlé de la honte, de la culpabilité etc...
Il m'a posé d'autres questions, entre deux, j'avais demandé finalement à l'avocate de changer de place avec elle, je ne supportais pas de le voir mais surtout j'avais besoin qu'elle soit entre lui et moi, j'avais peur qu'il se lève, donc je me suis retrouvée derrière l'écran d'ordinateur.
Il m'a ensuite expliqué comme il a dit que "monsieur n'a pas souvenance de ces faits, il ne se rappelle pas s'il s'est passé quelque chose de nature sexuelle entre vous, qu'avez-vous à dire là-dessus ?" , j'ai répondu que moi j'aurais bien aimé avoir oublié et que j'étais sûre qu'il ne pouvait pas avoir oublié.

Ca a donc été son tour, il lui a reparlé du fait qu'il ne se souvenait soi-disant pas (ce qu'il avait déclaré lors de ses deux auditions de garde à vue)
Et là ça a été terrible de réentendre cette voix que j'avais occultée , jusque là il n'avait pas dit un mot mais là je le retrouvais tel que je l'avais quitté, avec cette aplomb, cette suffisance, cette perversité.
Il a continué de dire qu'il ne se rappelait pas, il a dit au flic "ça fait 19 jours que j'ai eu ma convocation, depuis je cherchais ce que me valait une telle invitation, si j'avais su que c'était ce genre de choses, je n'aurais peut-être pas mis autant d'entrain à venir" , hallucinant.
C'est devenu très dur pour moi d'entendre à quel point il se foutait du monde, à quel point comme je m'en étais douté il n'avait pas peur.
Pendant quelques secondes je me suis demandée si j'étais folle , si j'avais inventé.
Plus je l'entendais et plus je m'effondrais en larmes à côté de l'avocate.
Le coup de grâce a été cette phrase qui me hante depuis hier, tant elle lui ressemble, tant elle me remet dans sa façon de parler, de penser.
Le flic lui a redit que je déclarais donc qu'il avait abusé de moi tous les jours, et il a répondu , toujours qu'il ne se souvenait pas, mais que cette fréquence l'étonnerait car "il n'est pas gourmand de nature " . Phrase abjecte, immonde, en entendant ça j'ai cru crever de douleur.
Bref il a continué ainsi, disant que de toute façon il ne savait même plus s'il regardait la télé le soir ou écoutait la radio...ce à quoi j'ai eu envie (mais je me suis retenue, ne devant pas m'adresser à lui) de lui hurler "sale con tu passais des nuits ivre mort à écouter de la musique militaire, à m'empêcher d'aller dormir"




confrontation 3 x1 Opale le 08-06-2012 09:31:00  


Il niait presque même boire autant, il parle de "quelques écarts"...je n'en revenais pas, moi qui l'ai supporté tant de nuits où il pissait par terre, renversait son verre, cassait des choses, gueulait dans la maison, moi qui ai passé des tas de nuits blanches , allant le lendemain à l'école sans avoir dormi.
Il était arrogant avec le flic, lui disant qu'il n'allait pas inventer des choses pour leur faire plaisir et d'autres formules du même genre.
Malgré ça et c'est ce qui d'après le flic peut l'enfoncer, quand on lui a demandé si je mentais, si j'étais une menteuse il disait "je ne vois pas pour quelle raison elle mentirait mais moi je ne vais pas dire des choses dont je ne me souviens pas"
Le flic a beaucoup insisté en disant "donc vous ne dites pas qu'il ne s'est rien passé, vous ne dites pas qu'il s'est passé quelque chose, vous dites que vous ne savez pas"
Le flic était bien énervé par son comportement, il lui a rappelé que les abus se passaient uniquement quand il était sobre et donc en pleine possession de ses moyens et que du coup il n'avait même pas l'excuse de l'alcool pour ne pas se souvenir..
A la fin il lui a demandé ce qu'il avait à rajouter, je ne sais plus ce qu'il a dit.
Il m'a demandé la même chose et du coup je suis sortie de derrière l'écran pour le regarder, j'ai dit "je veux le regarder, lui dire que je n'ai pas oublié ce qu'il a fait, qu'il n'a pas oublié non plus et que j'espère qu'il n'oubliera pas de ne pas recommencer sur d'autres" . J'aurais pu parler à un mur c'était pareil il n'a pas bougé, ne m'a pas regardé.
A la fin mon avocate de permanence (lui n'en avait pas il a refusé) a fait ses observations qui seront ajoutées au dossier, en notant que les faits étaient anciens mais circonstanciés , criminels et non prescrits, que je n'avais pas pu parler à cause de beaucoup de culpabilité, que l'on voyait que j'ai encore très peur de lui et qu'une emprise avait été à l'origine de mon silence, que la confrontation avait été pour moi très dure émotionnellement et elle a repris ses termes à lui quand il a dit "je ne vois pas pourquoi elle aurait menti" en précisant qu'elle estimant qu'en gros il disait que les faits étaient avérés.

Le flic a bouclé le PV et Stéphan a voulu rajouter un truc, il s'est fait rembarrer puis le flic l'a laissé parler, il a réagi sur l'histoire d'emprise, en disant que c'est pas son genre de s'imposer, en disant que quand il avait passé son CAP (va comprendre Charles ???) il était resté devant la porte du lycée et en disant "est-ce que ça c'est quelqu'un qui s'impose ? " Idem j'étais effondrée et consternée d'entendre ça quand je sais les 20 ans de règne, de pouvoir, de terreur qu'il nous a fait subir.
Cerise sur le gâteau ...il a osé demander au flic, si, au cas où il se souviendrait de quelque chose, il pouvait le contacter , genre le flic est à sa botte, un truc de dingue aussi ça !
Ca s'est terminé là-dessus, ça a duré plus d'1h15 , le flic l'a remmené pour la fin de sa garde à vue et quand il est revenu je voyais qu'il hallucinait et il disait à l'avocate que vu le comportement et les déclarations, à son avis il y avait 99% de chance qu'il soit déféré au Parquet, pour éventuelle détention provisoire et poursuite si j'ai bien compris...
Voilà, pour le moment il faut digérer tout cela , je suis contente de lui avoir dit ce que j'avais prévu de lui dire, mais la peur est encore très forte, j'ai eu si peur tout le long, dès qu'il bougeait vaguement, que c'est très dur à calmer là, puis je retrouve ses mots, son langage pervers, c'est effrayant, il est vraiment glaçant ce type.

Suite : finalement et contrairement à ce que pensait le policier, il a été libéré après sa garde à vue, c'est donc maintenant au Procureur de décider s'il poursuit ou non.
En attendant il peut se ballader toujours aussi tranquillement, toujours à 5 mn à pieds de chez ma mère..




confrontation 3 Mowgli le 16-04-2013 22:59:00  


N'empêche qu'il n'a pas eu la force de te regarder quand tu lui as dit que tu n'oubliais pas pas, toi.
Sur ce coup là tu as été plus forte que lui, et devant témoin assermenté.







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