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Pédophilie : le diocèse d'Orléans ouvre une cellule d'écoute x1 isilda le 26-03-2016 11:57:00  


Dans la même presse "La vie" de cette semaine, je vous transmet un numéro VERT:

Contacter la cellule d'écoute et d'accueil du Diocèse d'Orléans:
ecoutedesblessures@gmail.com
tel: 06 42 08 26 03 (paru dans la presse "La Vie")

Et j'ai trouvé cet article concernant cette cellule à Orléans:
http://www.europe1.fr/societe/pedophilie-le-diocese-dorleans-ouvre-une-cellule-decoute-2699539



comment à Orléans l'église écoute les victimes d'abus isilda le 26-03-2016 12:53:00  


reportage dans la "Vie" (presse de cette semaine)

"Fabien, thérapeute. Ce père de famille se souvient: " Accompagnant une victime d'abus sexuels perpétrés par un prêtre, notre évêque a compris la destruction psychique qu'induit un tel acte sur un enfant, mais aussi la blessure spirituelle qui peut en découler à l'âge adulte." Depuis ce moment, il y a quatre ans, le prélat œuvre à la mise en place d'une cellule d'écoute et d'accueil pour les victimes. Aux côtés de Fabien, Mrg Blaquart appelle Jacqueline, infirmière; le père Marc, fort de ses 40 ans de ministère; un diacre, Paul; marié, engagé dans l'accompagnement spirituel; et un psychanalyste, Henri, pour superviser les échanges de l'équipe. Tous ont de près ou de loin, connu des personnes victimes d'abus dans leur entourage-pas dans l'église. "on a tâtonné quelques mois", raconte Paul. Il fallait surtout construire une relation entre ces profils très divers mais complémentaire.
Puis Valérie est arrivée. Une "mère de famille nombreuse, assistante de vie dans une école privée" qui, à l'âge de 13 ans, a été abusée par un prêtre à Nancy. Chacun pèse ses mots. "mon premier questionnement quand j'ai été appelé à cette mission: et si, par maladresse, je faisais plus de mal que de bien? ", ajoute Paul, avant d'avouer: "quand Valérie nous a rejoints, qu'elle a partagé son témoignage avec nous, il y a eu des choses très lourdes à entendre pour moi...Mais c'était une excellente expérience pour se préparer à la suite."

faire la vérité
l'histoire de Valérie a éclairé les membres du groupe à bien des égards. "d'abord, on vit avec ça pendant des années: tant que j'avais des enfants, je n'y pensais pas. C'était là sans être là", explique d'une voix sûre cette femme au visage fin. En 2010, une "vague médiatique", à cause des affaires dans l'épiscopat irlandais, la déstabilise: "c'est devenu insupportable: il fallait que je fasse quelque chose." Elle écrit à l'évêque du diocèse de son agresseur: "cela" s'est passé "ici" avec "lui", "c'est un réflexe de vouloir raconter les faits à la personne responsable du lieu, c'est ce qui vient en premier; même si c'est déplacé dans le temps", souligne les membres de la cellule. "Cette volonté profonde, quasi indispensable, de faire la vérité, je la retrouve dans la démarche des scouts de Saint-Luc à Lyon aujourd'hui, glisse Valérie. Ce besoin vital saisit sans prévenir." A l'évêque de Nancy, elle précise, "pas violemment mais directement": " j'attends que l'église me demande pardon. A la fois pour les abus de ce prêtre, et pour le silence demandé ou suggérer aux adultes ensuite." Il répond en accédant à sa requête, reconnaissant que "c'était gravissime". " il m'a proposé de le rencontrer de le rencontrer, ajoute-t-elle, se raidissant sur sa chaise. "mais je ne pouvais pas..."

Ce n'est qu'au bout de deux ans qu'une envie s'éveille en elle:

SUITE prochain post....



comment à Orléans l'église écoute les victimes d'abus isilda le 26-03-2016 13:08:00  


Suite....

"Je ne pouvais pas aller là-bas, y retourner...alors je suis allée voir l'évêque de ma ville." Avec Mgr Blaquart, elle trouve "un appui pour un reconstruction spirituelle". La mission de l'équipe prend forme: accueillir la parole des victimes et, sans exclure d'autres formes d'aides, accompagner celles qui souhaitent se lancer dans un travail de réconciliations avec l'image de Dieu, voire avec l'église. "Nous ne sommes pas un lieu de soin, mais nous pouvons orienter une personne en demande sur ce pont; nous ne faisons pas un accompagnement spirituel sur le long terme, mais nous pouvons faire des propositions en ce sens, (énumère Fabien)...Avec nous la personne peut venir exprimer sa colère, demander que les faits soient reconnus et surtout être crue !"

Suite....



comment à Orléans l'église écoute les victimes d'abus isilda le 26-03-2016 13:24:00  


Pour cela, un numéro de portable, gardé par un membre de l'équipe à tour de rôle, et une adresse mail sont crées. A chaque contact, l'équipe voit qui sera le plus à même de rencontrer la victime. " être plusieurs permet d'offrir un interlocuteur adéquat: un homme ou une femme, un prêtre ou un laïc...pour mettre en confiance, (souligne le père Marc). On essaie de décoder aussi les demandes: nos expériences variées nous amènent à voir des intentions différents derrière un même mot, échanger nous enrichit."

Offrir un lieu sécurisé
Puis, le premier "écoutant" fait un rapport au collectif. Si les faits ne sont pas prescrits, la procédure rejoint la loi: transmission à l'évêque, qui contacte le procureur. "là, nous ne laissons pas la personne choir, (souligne Fabien), mais nous ne pouvons plus faire grand-chose." De fait, les quatre demandes reçues jusqu'à-là ont concernés des faits éloignés dans le temps, avec un coupable mort ou déjà jugé et condamné, et s'étant déroulés dans d'autres diocèses.
"On fait du sur mesure" insiste Valérie. " j'ai rencontré une personne pendant une heure qui n'a finalement pas souhaité reprendre rendez-vous" se souvient Paul. d'autres demandent une disponibilité par téléphone presque quotidienne.

SUITE...



comment à Orléans l'église écoute les victimes d'abus isilda le 26-03-2016 14:23:00  


Pour Valérie, "nous essayons d'offrir un lieu sécurisé. Quand le pape parle des églises comme des "maisons sûres", ça ne veut rien dire: non, rien n'est sûr dans ces lieux pour moi, sauf dans cette équipe. Là, je reconstruis ma relation à Dieu, et aussi, très doucement, ma relation avec l'église, ma confiance en elle. Il y a quelque chose de détruis en moi: je ne sais pas si j'appartiens à l'église. Nous sommes allés voir le film Spotlight avec l'équipe, des amis, des couples...j'ai eu alors le sentiment d'être "dans" l'église. Cela passe par des tout petits lieus tissés et on ne peut pas tisser une trame avec un seul bonhomme, fût-t-il évêque."
De mission pour l'évêque, le mandat devient mission d'église, remarque le père Marc: "l'église, ce n'est pas seulement l'évêque. Peut-être Est-ce bien que la réponse soit diocésaine, en lien les uns avec les autres." Pourtant l'initiative semble dépendre, certes de la volonté, mais aussi du caractère de l'évêque.
"j'ai eu beaucoup de chance de tomber sur quelqu'un qui a eu le cœur fendu à l'écoute de mes paroles. Mais ça ne doit pas s'arrêter là: tous les évêques doivent se préparer, si quelqu'un vient les trouver, à ne pas ouvrir seulement la porte: ils doivent se sentir prêt à avoir le cœur fendu."

SUITE...



comment à Orléans l'église écoute les victimes d'abus isilda le 26-03-2016 14:37:00  


Aujourd'hui, malgré le nombre restreint de demandes, la cellule est convaincue d'être utile: "il faut avouer qu'on a peu communiqué sur notre numéro (mail et tèl) pour l'instant", dit en rougissant le père marc. Mais ça va changer: des affiches vont être installées au fond de chaque église du diocèse dans les jours qui viennent. Chacun se sent prêt:
"la demande actuelle est celle d'une reconnaissance des faits, réaliser que cela a eu lieu et que c'est grave, que l'église a fait des erreurs, (rappelle Fabien). Une victime qui vient voir l'évêque, l'église, si elle ne sent pas qu'il est touché par ce qu'elle dit, si elle ne sent pas qu'il croit ce qu'elle dit: c'est une souffrance supplémentaire, on retraumatise la personne." " Ceux qui arriveront seront peut-être en grande colères, il faut que ça sorte" (insiste Valérie.

Article de Sophie Lebrum








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