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L'automutilation... x8  l'automutilation Cendrillon le 16-01-2013 13:08:00  


Oui, j'ai cessé toutes scarifications depuis environ 9ans. Aujourd'hui, j'ai 33ans... Ca a duré quelques années...

Je m'en suis prise à mes bras (des épaules jusqu'aux doigts) dès que j'ai commencé à parler, j'avais 18ans. A l'époque, j'étais hospitalisée en psychiatrie pour m'être jetée sous une voiture.

Je ne me suis attaquée "qu'à mes bras" de peur qu'on me déshabille pour me faire des soins... Ils ont donc bien "morflé"...

Mes passages aux urgences ?... Bah j'y suis tellement allée... Mes bras ont envoron 25-30 points de sutures chacun... Une fois, les tendons étaient à deux doigts d'être touchés...

Mais ça ne m'a pas fait peur... Je crois que plus on m'expliquait les dangers des scarifications, plus on me soutenait et plus j'utilisais les lames de rasoir ! Quelques fois je ne rentrais dans les hypermarchés que pour m'en acheter !

Non pas que je prenais plaisir à m'ouvrir, non, du tout. Mais lorsque la souffrance psychique était trop forte, lorsque la culpabilité et la honte étaient trop présentes, je devais/voulais me punir, mettre des maux à la place des mots !

Au début, et pendant quelques années, je me suis comportée ainsi pour ces raisons.
Puis, quand on arrive (comme c'était mon cas) aux urgences ou dans le bureau des infirmiers, les bras en sang +++ et que l'on voit qu'ils sont peinés, horrifiés (parce qu'ils ne sont pas tous préparés -à l'époque- à voir gérer, voir cela), on sent que quelqu'un fait attention à nous, que l'on compte pour quelqu'un, que l'on existe enfin...

Alors, quand je me suis rendue compte qu'en ne parlant pas l'équipe soignante n'était pas présente mais qu'elle l'était lorsque je posais de tels actes...

Dès que j'étais au plus mal, je me scarifiais ! C'était, pour moi, la façon que j'avais trouvée pour communiquer, pour dire que j'étais mal, dire que j'avais besoin que l'on m'entoure...

Un jour, alors que j'étais hospitalisée pour une énième TS, un infirmier (un connard sans aucune psychologie ) m'a dit : "Dès que l'on te propose quelque chose de positif, dès que l'on te dit que tu avances, tu fous tout en l'air !"...

C'est un con, je ne lui enlève pas cette qualité , mais il n'empêche que depuis ce jour, ma tête a beaucoup réfléchi...
Et en effet, quelques temps plus tard, je me suis rendue compte que je m'étais enfermée dans un statut de victime ! Si si, il existe, on y passe toutes, à plus ou moins long terme !

J'avais tellement eu de mal à parler, peur de ne pas être cru, tellement de mal à accepté les choses que lorsqu'on m'a dit que j'étais une VICTIME, je me suis engouffrée dans ce statut que je n'ai plus voulue quitter, parce que quelques fois TRES CONFORTABLE !

Le jour où j'ai compris cela, c'est le jour où j'ai cessé de me faire du mal, cessé toutes scarifications et TS...

Aujourd'hui je vis avec mes bras (tant mieux pour moi ). Ils sont très marqués mais cela ne me gênent pas. Ils font partie de ma vie, de celle que j'ai été. Mais ils sont aussi la preuve que l'on s'en sort !

Je ne les montre pas lors des oraux de formation, lors des entretiens d'embauche mais sinon, être en tee-shirt ne me pose aucun problème.
Et aux ados qui me posent des questions (et qui souvent peuvent vouloir s'identifier), je leur réponds seulement "j'ai eu un passé difficile mais vous voyez, cela n'empêche pas de s'en sortir"...








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